Samedi 17 Février
2001
" Le Brésil: Copacabananés mais conquis "
Copacabananés mais conquisWooooooowww, quand tu souris,
je me sens au Paradis je vais à Rio.
Bienvenue dans la baie surchauffée de Rio qui est le
point de départ de notre épopée sud américaine. Et pour un départ, quel
départ toni « truand » ! Explications : Après deux
jours de présence sur place, nous nous sommes poliment mais fermement
faits dévaliser à l’arme blanche sur la pourtant paradisiaque plage
de Copacabana .
Entre couteau et appareil photo, on a vite choisi (Balavoine
l’avait hurlé en son temps : on n’est pas des héros!) Mais rassurez
vous, cela n’altère en rien notre moral d’acier d’une part et la poursuite
de nos envois de photos d’autre part puisque nous avons commandé le
jour même à DATAVENIR Informatique (l’un de nos partenaires toujours
présent à nos côtés !) un remplaçant à son défunt prédécesseur,
tombé au champ d’honneur du grand journalisme d’investigations sans
concessions et dont nous regretterons amèrement la fonction « Sepia »
nous permettant de vitaminer nos photos avec de flamboyants ciels orangés
. Comme dans un film qui finit bien, nous avons réceptionné juste à
temps notre KODAK tout chromé juste avant de nous envoler de nouveau
pour la Bolivie (où nous venons d’arriver-déjà le déclic d’avance !
).
Pour cet envoi un peu particulier qui fleure bon
les vacances scolaires (ici, dans l’hémisphère sud, c’est la fin du
long break estival !), nous avons fait des pieds et des mains afin
de vous assurer une continuité photographique en réussissant à scanner
des photos argentiques vous permettant d’embarquer avec nous tour à
tour pour la jungle touffue et les plages époustouflantes de l’Ile Grande
(« Ilha Grande » en portugais), puis de sortir vos gels douche
favoris pour un grand moment de fraîcheur sous les incroyables chutes
d’eau d’Iguaçu, à la frontière avec le Paraguay et l’Argentine. Mais
pour commencer dans l’incontournable et vous prouver qu’on n’est pas
revanchards envers la foule de cariocas d’une gentillesse extrême, voici
un petit tour d’horizon de Rio la déconcertante, entre fêtes sans fin
et misère noire, le tout sous les paillettes de la Samba et un soleil
de feu faisant fondre un pain de sucre dégoulinant de toutes parts
sur la baie. Bamos!

Entre gratte-ciels et plages mythiques (Copacabana,
Ipanema, Leblon), favelas arc-boutées sur les falaises de granit pelé
émergeant de la chaude mer turquoise, Rio c’est tout cela qu’on embrasse
d’un seul regard lorsqu’on écarquille les mirettes à travers le hublot
de l’avion.

Mais tout d’abord, un peu de culture en nous penchant
d’un peu plus près sur le symbole du brésil, celui qui a hanté de son
spectre tous les terrains de coupes du monde de foot : son drapeau.
Tout d’abord, les couleurs : le vert profond symbolise la luxuriance
de la nature brésilienne et son rôle de poumon planétaire (jusqu’à ce
que les déboiseurs voraces aient fini de faire mumuse !). Le jaune
témoigne de son soleil éblouissant. Quant au globe bleu constellé, il
représente le positionnement exact de la voie lactée le jour de la déclaration
d’indépendance du Brésil. Pour la devise centrale, Cocoricooo !
« ordem e progresso », autrement dit l’ordre et le progrès
pour les bonnets d’ânes de fond de classe de latin, n’est autre qu’une
devise positiviste du Français Auguste CONTE (merci Antoine pour les
tuyaux). Comme quoi il n’y a pas qu’avec un cuisant 3-0 que la France
a marqué son empreinte!

Pour rejoindre le saint des saints du panorama Carioca
au sommet du Corco Vado et accessoirement perdre quelques précieux degrés
(histoire de repasser sous la barre des 40°C), rien de tel que le petit
train à crémaillère digne du Tramway du Mont Blanc, mais serpentant
dans une jungle luxuriante et odorante.

Au sommet, le Christ rédempteur (ou Corco Vado pour
les intimes) nous tend ses bras ouverts en un halo mystique. Cette statue
de plusieurs dizaines de mètres de hauteur dresse son envergure de Goéland
sur l’ensemble des 9 millions d’âmes du grand Rio.

Depuis ce promontoire plongeant, pas besoin de louer
un hélico pour prendre de grands plans d’ensemble de la ville :
devant vous, le quartier résidentiel de botafogo au premier plan et
le fameux « pao de açucar » (le pain de sucre) au second plan
qui se plante tel un obus de 14-18 devant la baie.

Dans ce paysage de rêve, il est pourtant très facile
de s’amuser à chercher « l’intrus ». Sur ce plan rapproché,
en bas à gauche, on devine une favelas composée de milliers de cabanons
de tôle qui s’étirent derrière la barrière de verdure. A deux cent mètres
de cette misère noire, les dandys de Botafogo garent leurs Porsche derrière
des grilles férocement gardées. En théâtre, on appelle cela l’envers
du décor.

Rio et le Corco Vado n’ont plus de secrets pour Antoine,
notre ami et guide précieux sur cette étape riche en émotions. Effectuant
son service comme coopérant au poste d’expansion économique du Consulat
de France, il nous a reçus chez lui, en plein milieu de Copacabana.
Courage, Antoine, bientôt la quille, le camembert et le champagne Rémois!
Après quelques jours passés dans l’effervescence de
la mondaine Rio, nous ressentions tout deux le besoin de prendre un
grand bol d’air pur loin du bruit et du stress de la vie citadine. Pour
se ressourcer, il suffit de se rendre à seulement quelques heures de
bateau de Rio où se trouve une multitude d’îles surnommées « les
caraïbes brésiliennes ». On en dénombrerait d’ailleurs autant que
les jours de l’année ! Alors pour ne pas hésiter trop longtemps,
férus de liberté que nous sommes, nous avons choisi la plus grande de
toutes, « Ilha Grande » la bien nommée pour nous y échouer
le temps d’une semaine.

Cette photo regroupe quelques uns des ingrédients qui
rendent charmante la vie sur l’île : le sable fin, les bateaux,
les vautours & le cheval (petite touche champêtre) sans oublier
les silhouettes de montagnes tapissées de verdure en arrière-plan et
bien sûr l’océan et la mélopée des vagues sans fin! C’est une vue
prise depuis Abraao, l’unique petite ville de l’île, où nous partagions
une petite maison avec des amis brésiliens rencontrés sur le bateau.
L’occasion rêvée de faire nos premières armes en Portouguèche !

Sur l’île, Dame Nature est reine (la Natureza comme
ils disent) et la jungle impénétrable recouvre la quasi-totalité de
sa surface. Seuls quelques chemins et un aqueduc (notre photo) construit
au siècle dernier pour l’approvisionnement en eau réussissent à s’y
frayer un petit passage. Ilha Grande est d’ailleurs un territoire protégé
qui abrite une faune et une flore des plus précieuses et variées.

L’équipe de Trait d’Union, toujours prête à ne pas se
prendre au sérieux, se laisse aller à quelques singeries dignes des
plus grands moments du livre de la jungle il en faut peu pour être
heureux, vraiment très peu pour être heureux !

L’île offre de superbes randonnées le long de sentiers
ombragés au coeur de la jungle mystérieuse avec au bout de l’effort
la récompense bien méritée d’une baignade délicieuse dans une eau à
30° venant mourir sur d’immenses plages de sable fin bordées de
cocotiers! En tant que bons petits savoyards crapahuteurs, nous fumes
comblés par le relief de l’île très vallonné voire parfois escarpé (le
pic du Papagayo culmine à 900 m) qui nous permit d’accéder à de superbes
panoramas au dessus de l’océan.

Cet endroit paradisiaque attire les amoureux de nature
de tous horizons.Voici une belle brochette d’amis rencontrés en chemin
en train de se dorer sous la chaleur accablante du début d’après-midi.

Changement de décor après 24 heures de bus dans un style
encore plus grandiose : derrière nous s’écoulent dans une chute
vertigineuse les cascades d’Iguaçu, situées à la frontière du Brésil,
de l’Argentine et du Paraguay. La nature a ici mis en scène un des plus
beaux spectacles qu’il nous ai été donnés de pouvoir contempler. Un
endroit démesuré, à l’image du continent sud-américain qui épuise les
superlatifs. Sur plus de 2 kilomètres de large, le fleuve Iguaçu déverse
son flot de 70 mètres de haut ( plus haut que les chutes du Niagara !)
dans un incroyable déluge de cascades (plus de 200 !) et un tonnerre
d’écume qui rafraîchit l’air à plusieurs centaines de mètres alentours.

Seb s’est fait un nouveau copain : un fourmilier
malin qui prend son bracelet pour de délicieuses cacahuètes enrobées
de chocolat quelle désillusion à la première bouchée ! Le site
d’Iguaçu fourmille de ces amusants petits animaux venus mendier leur
nourriture auprès des touristes attirés par le spectacle vraiment exceptionnel
des chutes. JB se verra même ouvrir son sac à dos par une bande organisée
de 4 fourmiliers qui réussiront à repartir avec leur maigre butin (une
banane !) .

Ce n’est qu’un au-revoir, mes frères... Retour
sur la plage de Copacabana, harnachés comme des Robocops en vadrouille,
avant de prendre le bus pour l’aéroport en compagnie d’amis brésiliens
rencontrés dans le bus. Derrière nous, l’huile de coco ruisselle à qui
mieux mieux sur les peaux brûlées, les parasols bigarrés tentent encore
et toujours de faire oublier la canicule alors que les courageux (ou
imprudents ?) cariocas s’ébrouent de bonheur dans les eaux du littoral
rendues insalubres par une gestion désastreuse du rejet des eaux usées.
Nous nous éclipsons de cette carte postale avec à peine quelques crissements
de sable fin.

EPILOGUE- Le Christ rédempteur s’embrase de colère,
en ce nouveau millénaire, lorsqu’il contemple du haut de son nid d’aigle
ses mortels cariocas. Les riches n’ont jamais semblé plus opulents et
les pauvres si miséreux que dans ce lieu où culte du corps et culte
du dribble concurrencent les homélies des nouveaux pasteurs du Maracana
prêchant devant 100 000 fidèles transis. Il suffit d’allumer la télé
pour le vérifier. Au choix, télé achat d’amincisseurs miracles pour
ménagères désespérées ou bien sermon cathodique d’un Padre superstar
sur une chaîne entièrement dédiée. Dès lors, on pourrait presque trouver
normal de la part des exclus de revendiquer leur part de ce gâteau chaud
et sucré qui leur passe sous le nez en prélevant « l’Impôt touristique »
(c’est comme cela qu’on nomme les braquages sur Copacabana !),
fût-ce sur notre propre dos ! Mais comme chaque année, toutes ces
frustrations seront effacées dans quelques jours, lorsque les paillettes
et les cymbales résonneront tout le long du Sambadrome, lorsque l’hystérie
populaire aux vertus amnésiques s’emparera des corps et des esprits,
sans distinction sociale. Le carnaval, sauveur de Rio et grand
expiateur de sa folie dramatique!
Seb et JB - TU2000
Qui vous donnent rendez vous dans une dizaine
de jours à plus de 4000 mètres d’altitude à la découverte de la Bolivie
et de ses trésors, au coeur du continent sud-américain.

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