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LUNDI 26 FEVRIER 2001
BOLIVIE : « TITICACA …RREMENT MYSTIQUE ! »


TU2000 vous invite à une Séquence Evasion à 4000 mètres d’altitude, au cœur d’une région des plus grandioses. D’un côté, des paysages époustouflants de montagnes sculptées de concert par l’homme et la nature, émergeant de l’immensité bleutée de son lac.

De l’autre, des légendes faisant de la fécondité de ses eaux le berceau mythologique de l’empire Inca…Titicaca, nous y voilà !

Mais au delà de la simple carte postale, ce petit coin de paradis est également l’occasion de rencontres chaleureuses avec ses habitants, en toute simplicité. Prenez une bonne bouffée d’oxygène (il se raréfie ici haut !) et suivez nous à la rencontre de la vierge de COPACABANA entre une escapade sur l’Ile du Soleil et la dégustation d’un bon maté chaud  aux feuilles de coca, histoire de nous remettre de nos émotions !

Bienvenue dans le royaume des alpagas, ces camélidés débonnaires au pelage si convoité pour ses qualités thermiques ! Leur territoire ? Un altiplano parsemé de touffes d’herbes battues par le vent, sur fond de bleus superposés : turquoise pour le lac immense, faisant office de frontière naturelle entre la Bolivie et le Pérou et azur strié d’ouate pour le ciel offrant  un défilé nébuleux constant. Entre les deux émergent de temps à autre mystérieusement en toile de fond les neiges éternelles de l’Ancohuma ou de l’Illimani, les plus hauts sommets de la cordillère de La Paz.

Le décor bolivien est planté : brut, sauvage, splendide.

Porte d’entrée carrossable incontournable du lac Titicaca, voici la petite ville de COPACABANA, située à 155 kilomètres au nord ouest de La Paz. 

Construite sur une presqu’île, on l’atteint en transbordant le bus sur une barge en bois, le temps d’une première traversée sur le plus haut lac navigable du monde !

Mais, nous direz vous, pourquoi ce retour en terre Carioca si loin du Brésil ?

Tout simplement grâce à la vierge de Copacabana présente en ces lieux, patronne de la Bolivie vénérée chaque 5 août pour ses pouvoirs miraculeux avec une ferveur populaire intense.

La petite histoire veut qu’un marin portugais en grand danger au large des côtes brésiliennes implora la vierge miraculeuse en jurant de baptiser de son nom le providentiel rivage sur lequel il pourrait accoster…ce fut chose faite quand notre rescapé mit pied à terre dans la baie sauvage de Guanabara, baptisée ensuite plage de Copacabana et joyeusement bétonnée par la suite par les différentes générations de Jet sets brésiliennes ! Depuis, la réputation de la seconde a largement dépassé la première.

Et pourtant, elle en a fait des miracles, cette « Virgen Morena » comme l’appellent les locaux car c’est la seule vierge métissée de bolivie. Elle a été sculptée par un enfant du pays qui a été missionné en rêve par la Vierge elle même de réaliser sa statue dans du bois. Alors qu’une fois son ouvrage accompli, le valeureux sculpteur se vit refuser sa statue pour des raisons d’esthétique, il fallut une apparition de l’enfant Jésus à la gauche de la Vierge pour légitimer son œuvre aux yeux des croyants.

Depuis le village, on peut accéder au « Calvario », une colline surplombant superbement le lac qu’on gravit en empruntant un chemin de croix.

Au sommet, les autels de dévotion brandissent leurs crucifix au dessus de la majesté des lieux, alors que quelques fidèles âgés épuisés par l’ascension font brûler un cierge en récitant à bout de souffle leur chapelet .

Le grand bleu s’étend alentours, dans toute l’intensité et le mystère de ses 450 mètres de fonds par endroits. Beaucoup de légendes circulent sur le lac, lui prêtant mille et un trésors dissimulés dans ses profondeurs abyssales, présents d’or et d’argent jetés en offrande par les Incas aux nombreux dieux ayant trouvé le repos éternel en ces lieux.

On murmure également qu’une cité entière, vestige d’une civilisation engloutie, sommeillerait également sous les flots.

Cependant, en dépit de deux sous-marins et d’une armada technique impressionnante, le commandant COUSTEAU n’était pas parvenu il y a une dizaine d’années à déceler la moindre trace de la mystérieuse ville…le mythe reste entier.

Nous décidons de jeter l’encre à quelques encablures de Copacabana, sur la mystérieuse et séduisante Ile du Soleil. Son nom est également tiré d’une bien belle légende : Le Dieu soleil voulut un jour anoblir les hommes qui vivaient tels des animaux.

Il décida alors d’envoyer ses enfants Manko KAPAK et Mama OKLO sur l’île qui portera son nom, afin de transmettre aux hommes les lois et connaissances nécessaires à en faire des êtres doués de raison et capables de vivre des fruits de la terre.

Le soleil donna aussi à ses enfants un bâton en or destiné à être planté dans le sol. A l’endroit même où ce bâton s’enfonça et disparut à jamais, Manko KAPAK fonda l’empire Inca dans la région de Cuzco (un peu plus au nord, au Pérou).

Cet empire rayonnera de la Colombie au nord de l’Argentine et s’éteindra définitivement en 1572, date à laquelle le dernier descendant inca sera décapité par les cruels occupants Espagnols sur la grande place de Cuzco. La boucle était bouclée.

Nouveau cadeau éphémère du soleil et de ses rayons généreux : ces superbes fleurs jaunes qui tapissent ça et là l’Altiplano.

Au détour d’un sentier, on croise des habitants aux visages rayonnants de soleil vous saluant chaleureusement sur leur passage.

Garants d’une culture et de traditions séculaires, ils se sont également bien adaptés à la nouvelle donne économique importée par un tourisme déjà bien implanté dans la région. Ainsi, les autochtones n’hésitent pas à réclamer une rétribution en échange de leur « image volée » par notre technologie photographique!

Cela dit, ils restent des gens d’une grande gentillesse et une petite boite de crayons de couleurs suffit souvent à les contenter au grand bonheur des enfants.

Malgré les apparences, les enfants de l’île n’ont pas beaucoup de temps pour faire bronzette ! A peine l’école finie, ces deux petites écolières troquent leurs crayons contre le bâton afin d’emmener paître le troupeau familial.

Les moutons se régalent un peu plus bas de folles herbes vertes tandis que les bergères prennent une pause casse croûte bien méritée.

Le visage marqué par le temps et le soleil, cette veille femme crapahute sur les chemins escarpés de l’île avec une vivacité déconcertante tout en tricotant un bonnet en laine d’Alpaga.

Cet âne n’a pas l’air d’avoir froid aux yeux, protégé par son épaisse frange de poils. Il faut dire que l’hiver (en Juillet et Août dans l’hémisphère sud), les températures descendent largement en dessous des 0 degrés, renforcées en cela par un vent violent et l’humidité persistante remontant du lac.

Symphonie des couleurs et des formes, la région du lac nous donne la sensation d’un tableau impressionniste mouvant, se métamorphosant à la faveur d’un rayon de soleil ou d’un ballet de nuages.

Le jour commence à descendre sereinement vers l’horizon de brumes et de roches. Le lac n’a jamais été aussi bleu qu’à ces heures tardives de l’après-midi. Derrière le petit muret de pierres, une paysanne ramène son cheval à l’écurie tandis qu’au loin, le vent nous amène distinctement les mélopées aigues des petits bergers taquinant la flûte de pan comme pour célébrer en musique la fin d’une journée de dur labeur. Pour le reste, une immensité de tranquillité nous saisit.

Pour vous prouver que TU2000 n’est pas une bande de poules mouillées et également parce que l’eau du lac était si appétissante après quelques heures de marche, on n’a pas hésité à plonger au sens propre  dans la légende du Titicaca!

Autant vous prévenir, mieux vaut crawler énergiquement histoire de se réchauffer parce qu’en comparaison, on pourrait prendre l’eau des côtes bretonnes pour un Jacuzzi brûlant!

Cette petite bergère qui porte bien toute son espièglerie dans son regard rieur est venue nous rejoindre en compagnie de son troupeau de moutons au bord du lac.

Il faut dire que des « gringos » qui prennent ce petit bout de la cordillère des Andes pour une plage de la côte d’azur, ce n’est pas si fréquent !

Elle disparaîtra aussi vite qu’elle est venue, sautant de rochers en rochers et escortée par la symphonie dinguedonguante de ses bêtes.

Une mère et ses enfants ( un autre se cache dans son dos !) qui tient un petit stand d’artisanat local (tissus, bonnets, bracelets,…) destiné aux touristes attirés par la beauté et la tranquillité de l’île.

Bien que cachant souvent les jolis regards, le chapeau est ici indispensable afin de s’assurer un minimum d’ombre vitale, sur une île où le soleil est roi !

Un peu avant la tombée de la nuit, nous croisons sur notre route deux petites fillettes ramenant du bois à l’aide d’une étoffe de tissu nouée autour du coup à l’instar de leur maman (les boliviennes ont pour coutume de transporter leurs effets dans des tissus colorés faisant office de baluchons).

En effet, sur l’île du soleil, quand celui ci se couche, un froid piquant d’humidité enveloppe les habitations et le bois reste le seul moyen pour se chauffer.

L’île est parsemée de sentiers et nous faisons confiance à la baguette experte de ce berger pour nous guider vers l’embarcadère qui nous permettra après quelques heures de traversée sur un bateau paresseux (mais qui s’en plaindra vu les alentours!) de rejoindre le petit port de Copacabana.

Ici, on rencontre des troupeaux plutôt atypiques composés pèle-mêle de moutons, d’ânes et de cochons qui cohabitent sous le même bâton et donnent au convoi un caractère burlesque où se confondent bêlements, hiiihaaaans et autres cochonneries !

Au loin, on peut apercevoir les cultures étagées façonnées par les hommes depuis des milliers d’années et qui permettent une meilleure exploitation du relief  escarpé pour l’agriculture. Celle ci est principalement dédiée à la pomme de terre ( historiquement originaire des bords du lac Titicaca) ainsi qu’à une variété de gros haricots, la diversité des plantations étant bien sûr fortement limitée par l’altitude (près de 4 000 m !).

Un dernier mystérieux rideau de vapeur d’eau évanescente et de miroitements pastels se tire sur sa Majesté Titicaca avant que la pénombre n’allume une à une les étoiles dans un ciel d’une rare clarté, régal des astronomes de tous pays.

 Nous repartons de ce petit coin de paradis en titubant. Fatigue, altitude, griserie des grands espaces ? Un peu de tout cela sans doute et  même davantage : la certitude que la nature n’a pas fini de nous étonner en dévoilant toute sa splendeur. Une région que nous conseillons en tout cas vivement à toutes les personnes souffrant du stress citadin !

Retour à la civilisation et l’étonnante ville de La Paz, plus haute capitale du monde avec ses 4000 mètres d’altitude. Dans le bus scolaire, les écoliers en uniformes se laissent aller à quelques facéties après une longue journée d’école (vous savez bien ce que c’est !).

Initiation à une tradition incontournable de Bolivie, sur fond de nappe en tissu local : le Maté de Coca.

Il s’agit tout simplement d’une infusion de feuilles de Coca dans de l’eau chaude. (oui, oui, celles là mêmes qui servent depuis des décennies à rendre milliardaires des compagnies américaines de sodas pétillants très connus ainsi que les trafiquants de Cocaine du Chaparé dans un registre nettement moins sucré).

Outre ses vertus désaltérantes, le Maté de Coca est également idéal pour combattre le mal des montagnes, dû à l’altitude particulièrement haute qui peut occasionner maux de ventre et de tête. On peut aussi tout simplement faire une chique avec les feuilles de coca qu’on coincera derrière la joue avant de sucer lentement son jus pendant des heures, comme le font la plupart des habitants du pays.

Une autre exquise découverte vite engloutie par JB : La glace à la cannelle servie dans son jus. Une pure merveille reconstituante après un long trajet en bus !.

Au sommet de « la montagne de la vierge » surplombant le plus sacré des lac du monde, Seb se recueille à sa façon, assis sur plus de 3 000  ans d’histoire et de légendes … en harmonie avec ce lieu qui inspira tant l’empire Inca dans sa quête d’absolu et de connaissance de l’univers.

Ce petit hommage psychédélique est dédié à ces instants magiques et hors du temps passés au bord de cet écrin bleuté, véritable mer intérieure qui a englouti dans ses eaux silencieuses tant de mystères et de secrets.

Lors de notre prochain envoi bolivien, nous vous inviterons à partager l’un des patrimoines les plus virevoltants et exubérants d’Amérique latine : le Carnaval d’Oruro- Avant de fouler en notre compagnie le plus grand désert de sel du monde : le Salar d’Uyuni – A très bientôt, grands veinards !


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