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Mercredi 07 Mars 2001
BOLIVIE- « UYUNI :UN REVE EVEILLE »


Bienvenue au cœur de l’azur zébré et des montagnes fumantes, à mi chemin entre le village dans les nuages et Star Trek, là où tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et tasses de maté !

TU2000 vous convie à une promenade rafraîchissante sur les 4000 mètres balayés par les vents de l’altiplano sud-bolivien, à la découverte des grands espaces du sud LIPEZ. Cette région nous offre sa symphonie de lacs tantôt rouges ou verts, de volcans toussotants taquinés par les neiges et de déserts de sels qui voient passer de majestueux vols de flamants roses ou des caravanes de lamas effilochées en ombres chinoises sur fond de ciels d’apocalypse. Nul doute que c’est en contemplant ce genre de paysages que Louis AMSTRONG s’est exclamé : « What a wonderful world ! »

Nous visiterons d’abord ensemble le « Salar d’Uyuni », le plus grand désert de sel du monde et pénètrerons à l’intérieur d’un hôtel de sel, entièrement bâti avec les précieux cristaux scintillants, avant de remonter à l’époque du Far West bolivien le temps d’une halte émue dans un cimetière de locomotives pas comme les autres.

Enfin, nous sortirons les cahiers quadrillés et l’encre de chine et pousserons les portes de l’école primaire Aniceto ARCE de la ville d’Uyuni pour partir à la rencontre des élèves de la 3ème classe, histoire de se rendre compte des réformes entreprises dans le système éducatif Bolivien et des enjeux de la scolarisation pour ce pays …Ouf ! n’en jetez plus, la coupe est pleine, alors à votre santé et bonne lecture !

SEB ET JB POSANT SUR LE SALAR POUR LEUR PROCHAINE POCHETTE DE DISQUE !

 Avertissements : Contrairement aux apparences, toutes les photos de ce reportage ont été réalisées sans aucuns truquages. Vous êtes par ailleurs parfaitement lucides et à jeun et ne sauriez considérer les prises de vues qui vont suivre comme des pièces à conviction pour justifier l’existence d’une forme de vie extraterrestre. Nous sommes bien chez nous, sur le plancher des vaches, qu’on se le dise !  LA REDACTION DE TU2000

Au commencement de l’aventure, un gros mirage. Est-ce réellement notre 4X4 qui joue les hors bords de circonstance comme dans un bon James Bond ??? Mais oui !

L’explication rationnelle de cette photo insolite : Février correspond en Bolivie à l’apogée de la saison des pluies. Sur le plus grand désert de sel du Monde ( 12 000 KM carrés), une étendue d’eau de plusieurs centimètres de hauteur envahit la croûte de sel imperméable pour former un lac.

Nous vous invitons à un bref voyage dans la 4 ème dimension, là où l’horizon se confond  avec l’infiniment bleu  et blanc et où l’on perd toute notion d’espace.

Recouverte d’une fine couche d’eau, la croûte de sel reflète avec une incroyable précision les silhouettes des hommes et des nuages transformant ainsi le Salar en un gigantesque miroir, le plus grand de la planète… pour notre plus grand bonheur ! « oh JB, je me vois dedans ! » cet endroit féerique et surnaturel aurait sans aucun doute fait pâlir de jalousie le célèbre « Solcarlus ».

Etrange sensation que celle de marcher sur les nuages et de ressentir soudain une délicieuse impression de légèreté, si prêts de pouvoir s’envoler rejoindre les flamants roses, chatoyants habitants du ciel, à deux doigts de réaliser le rêve mythique d’Icare et de toucher le soleil !

Bienvenue à l’hôtel de Sel, en plein milieu du désert du même nom. Charme et dépaysement sont garantis dans ce complexe entièrement réalisé en cristaux, moyennant la modique somme de 25 Dollars par nuit( exorbitant comparé aux prix locaux) . Mais quand derrière les petits rideaux colorés se dresse un des plus splendides paysages de cette terre, on quitte vite le domaine du rationnel !

A l’intérieur des murs réalisés en gros blocs de sel, encore et toujours du mobilier en sel : chaises, tables et lits ont été sculptés de même. Brève de  conversation entendue dans l’hôtel: « Chérie, passe moi le S….euh non, rien ! »

Sur cette partie du Salar, la faible profondeur d’eau nous permet d’admirer les craquellements hexagonaux de la croûte ressemblant à des rayonnages réalisés par des abeilles.

Seule source actuelle de revenus (en dehors du tourisme) pour bon nombre de familles de la région d’Uyuni, l’exploitation du sel est physiquement très éprouvante : le soleil et le vent sont ici d’une intensité indescriptible et se combinent à l’action corrosive de la matière première elle-même, le tout pour un salaire de misère. Simplement de quoi ne pas mourir de faim.

 Le ramassage du sel s’effectue en creusant des trous dans l’épaisse croûte, avant d’être transporté à dos de lamas vers les villages avoisinants pour y être stocké, affiné et conditionné.

Et pourtant, il s’en cache des trésors enfouis dans ce sol pas comme les autres et qui pourraient redonner le sourire à ses habitants: la plus grande réserve de Lithium du monde a été découverte il y a peu dans ses entrailles.

Gageons que le gouvernement Bolivien aura retenu les leçons de ses erreurs passées et évitera de concéder ses richesses minières à des entreprises américaines moyennant des royalties ridicules !

Le soleil généreux qui irradie l’eau du Salar permet de la chauffer à une température parfaite pour un bain de pieds, le temps d’une marche dans cette immense pataugeoire.

Mais à l’heure de remettre les chaussettes, Seb s’aperçoit avec amusement de l’épaisse couche blanchâtre qui s’est uniformément déposée sur ses petits petons et qui irrite sa peau.


UYUNI, UYUNI, 5 MINUTES D’ARRET !

A mi chemin entre une cité dortoir pour cow-boys solitaires sur le retour et chercheurs d’or avides de pépites, la ville d’Uyuni dresse ses infinies ruelles de frêles maisons sur l’immensité de l’Altiplano comme un pied de nez au vent et au froid. Le hors la loi Butch CASSIDY a en son temps foulé de ses éperons pointus les cailloux du plateau avant de disparaître un peu plus au sud. Ambiance !

Mais Uyuni, c’est avant tout une ville mise au monde par et pour le chemin de fer.

La statue à la gloire des travailleurs du rail se dresse d’ailleurs fièrement dans le ciel irréel, superposition de dizaines de couches de gros coussins ouatinés déformés par les masses d’air sifflantes.

 Il faut dire qu’elle en a vu défiler, des locomotives crachant la suie qui convoyaient l’argent de Potosi vers Santiago ou Buenos Aires depuis qu’un président entêté du 19ème siècle, Aniceto ARCE, avait ordonné la desserte ferroviaire du Chili et de l’Argentine.

Aujourd’hui, sa gare ferroviaire flambant neuve ne voit s’arrêter guère plus de quatre à cinq trains par semaine mais la magie de cet âge d’or reste intacte grâce à l’étonnant cimetière de locomotives abandonnées à leurs souvenirs dans ce coin de légende.

Sagement rangées le long d’une voie qui mène au vent, ces locos ont achevé leurs bons et loyaux services à la fin du siècle dernier pour les plus âgées.

Alentours, un souk métallique servant parfois de terrain de jeu aux enfants de cheminots en mal de tétanos leur tient compagnie. Histoire sans doute de leur rappeler le sort funeste qui les attend, tout au bout de la rouille. La bible les avait pourtant prévenues : « Tu es poussière et tu redeviendras poussière… »

Partiellement démontée, cette loco nous offre un écran 16/9 ème, histoire d’admirer en toile de fond les contreforts de la cordillère se découpant sur le bleu pastel de la fin du jour.

Une occasion rêvée pour Seb de réaliser un rêve d’enfant en montant aux commandes d’une des machines tout en ayant une pensée pour papa Gerlier, bricoleur et amateur de belle mécanique devant l’éternel et qui s’extasierait sans doute devant tant d’antiquités chargées d’histoire.

Le décor sauvage est sans doute pour beaucoup dans l’étrange sensation de remontée dans le temps qu’on ressent ici. Les seuls repères visuels de civilisation ont une centaine d’années et se montrent dignes dans leur plus long et plus éprouvant voyage : celui de l’immobilité.

Nous nous éclipsons religieusement de cette cathédrale à ciel ouvert dédiée à la conquête humaine et industrielle et à sa fin inexorable.

Nous poursuivons notre découverte d’Uyuni et de ses environs avec une petite étape éducative.

Voici l’école élémentaire Aniceto Arce, la première à nous ouvrir ses portes sur le continent sud-américain.

Cette école publique accueille les enfants de 5 à 13 ans et les prépare à l’entrée au cycle secondaire. Ces souriantes écolières portent une blouse blanche, l’uniforme de l’école et se prêtent bien volontiers à notre objectif le temps de la pause sacrée de la recréation.

Nous voici à présent plongés dans l’ambiance « carnavalesque » (les cotillons et bombes à eau jonchent généreusement le parquet !) de la classe de 3 ème année de Mr Morales qui accueille des enfants âgés d’environ 8 ans.

L’éducation nationale subit depuis quelques années une grande réforme qui touche également d’autres pays d’Amérique du Sud.

Basé entre autre sur la pédagogie Piajet, l’enseignement replace avant tout l’enfant au centre de l’apprentissage et prône à la fois le travail en groupe et les initiatives individuelles. Chaque élève se voit ainsi attribuer un plan de travail personnel avec des compétences à satisfaire. L’évaluation ne se fait plus à l’aide de notes mais en fonction des appréciations émises par rapport aux objectifs à atteindre (satisfaisant/besoin d’aide).

Dans ce type d’enseignement où l’enfant est amené à gérer son travail et à comprendre avant tout ce qu’il apprend, le redoublement ne fait pas partie de la pédagogie.

Un exemple de petit projet individuel à mener : chaque élève écrit un petit conte et le présente à l’ensemble de la classe grâce à des marionnettes qu’il a lui-même confectionné .

Est élue meilleure histoire celle qui recueille le plus de suffrages à l’applaudimètre.

Ici, les travaux manuels sont réalisés à partir d’objets de récupération (robots construits avec des boites de pellicules photo…).

Concernant les matières enseignées, l’accent est mis sur l’enseignement des langues Espagnoles et Quechua ( cette dernière étant un dialecte indien traditionnel du peuple du même nom transmis uniquement oralement ).

Les mathématiques tiennent également une place de choix et sont intégrées aux sciences de la vie ( EX : la classe va faire la visite d’une ferme pour apprendre comment on fait pousser les semences puis les élèves travailleront sur une application concrète sur les m2 de terrain utilisés par l’exploitation).

Outre ces 2 modules d’enseignement, les élèves reçoivent des cours de technologie et d’expression créative (dessins, pâte à modeler, …).

La grande originalité de l’école bolivienne tient dans la séparation des horaires de classe en fonction de l’origine sociale des élèves. Ainsi, les privilégiés auront cours de 8 h 30 à 12 h 30 tandis que les écoliers les plus démunis devant aider leurs parents aux durs labeurs journaliers n’auront pas d’autre choix que d’étudier de 17 h à 20 h …Inutile de préciser que pour ces derniers, les journées sont longues et bien remplies!

Un des succès majeurs du système éducatif  bolivien a sans doute été de s’adapter à la forte ruralité du pays afin de permettre un accès à tous au savoir.

Encore balbutiants dans la langue de Cervantès, nous avons trouvé en Chantal, jeune institutrice de Suisse rencontrée en chemin, une interprète de choix qui nous fut d’un grand secours lorsque le langage des mains et notre maigre vocabulaire (que nous tentions désespérément d’élargir en rajoutant des « o » à la fin de chaque mot ; par exemple : voyajo, rencontro los ecolos, … souvent en vain !) ne nous permettaient pas, malgré toute notre bonne volonté, de leur expliquer notre ambitieux projet.

Grâce à l’aide précieuse de Chantal, véritable trait d’union linguistique, nous avons ainsi pu obtenir une « mappamundi » et réviser ensemble quelques petites notions de géographie …oui, oui, c’est bien là la Bolivie !

Une fine brochette d’écoliers décontractés profitant que leur maître aie  le dos tourné pour prendre une petite récré prématurée !

Ces deux petites écolières à la frimousse faussement studieuse anticipent déjà la sortie des classes en confectionnant à l’aide de ballons de redoutables bombes à eau .

Il faut dire qu’en période de carnaval, mieux vaut prévoir de quoi se défendre tant les attaques sont incessantes et surprenantes !

Chantal et Seb entourant deux des professeurs devant la mappemonde …un beau symbole de collaboration universelle en faveur d’une école plus ouverte sur le monde et les besoins des enfants, de bonne augure pour l’avenir…. .

A souligner que le corps professoral de l’école nous a accueillis les bras ouverts  et s’est montré très sensible à la démarche pédagogique de TU2000.

Voilà, c’est tout pour ce petit survol de la région d’Uyuni et de ses surprenantes rencontres. Le petit avant goût de cotillons accrochés sur les bancs de l’école nous amènera tout droit à plonger dès notre prochain rendez-vous dans le délire coloré du plus grand des carnavals Boliviens à Oruro, avant de descendre pour une visite en forme d’hommage à la rencontre des mineurs dans le fond des galeries de la légendaire montagne d’Argent de Potosi. Vous verrez qu’au 21ème siècle et à 4500 mètres d’altitude, Germinal n’a rien perdu de sa dramatique dans cet univers de sueur, d’alcool et de poussière. Enfin, nous nous rendrons à la recherche d’une civilisation mystérieusement disparue, sur les vestiges de la cité de TIWANAKU.

Alors pour mériter tout ceci, soyez sages et connectez vous très prochainement sur le www .tu2000 .com !

SEB et JB – TU2000-


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