Mardi 17-07-01- Indonésie
Selamat Pagi, voici l'Indonésie !
Ca y est !
Après quelques tergiversations dues à des petits contretemps
administratifs (passeport flambant neuf mais non réceptionné
!) et politiques (tensions militaires en Indonésie !), vos deux
samouraïs-reporters se sont lancés à l'assaut du
dernier continent encore inconnu jalonnant leur tour du monde : l'Asie
.
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Et quelle porte d'entrée
plus sulfureuse que l'Indonésie aurait-on pu choisir ?
Entre volcans parmi les plus actifs du monde ( le pays est assis sur
la poudrière de la ceinture de feu du pacifique !) et tension
politique extrême à la veille de la destitution programmée
de Mr Wahid, son président de la République, le pays vit
actuellement des heures plutôt chaudes !
A la surface de ce bouillonnant
chaudron surnagent dans le sourire et la bonne humeur continuelle un
peuple étonnant de plus de 200 millions d'habitants (le quatrième
pays du monde par sa population).
Nous vous convions donc à
rencontrer quelques uns d'entre eux, croisés au cours de notre
périple routier (périple étant un doux euphémisme)
vers le centre de l'Ile de Java.
En chemin, nous admirerons également ensemble du sommet du temple
bouddhiste de Borobudur un lever de soleil au-dessus des rizières,
avant de partir explorer les mille îles, ses varans gigantesques,
ses pêcheurs de l'extrême et ses paysages de carte postale
au large de Jakarta. De quoi porter un coup moral fatal à tous
ceux qui avaient jusqu'alors la flemme de partir cet été
s'évader au bord de l'eau !
Enfin, nous pousserons la
porte de l'orphelinat de Binasejahtera pour pénétrer aussi
dans l'envers du décor indonésien et de sa démographie
galopante.
Mais en guise de trait d'union
intercontinental, nous vous offrons en préambule un petit retour
en arrière sur nos dernières heures Australiennes dans
l'état du Western Australia, aux alentours de la ville de Perth,
la plus isolée du monde.
Bonne lecture !
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Comme promis,
nous commençons avec ce cliché-mystère notre petit
adieu à l'Australie.
Les paris sont lancés
: prototype top-secret de la nouvelle fusée Ariane, canon américain
à faisceau laser prêt pour la guerre des étoiles,
dard géant d'abeille tapie dans les palmiers en attendant sa
victime?
Pas du tout... ibl s'agit simplement d'une audace architecturale à
l'Australienne (une de plus !).
La " bell tower " (tour aux cloches) se rappelle régulièrement
avec toute la douceur et le cisèlement de ses carillons aux oreilles
des habitants de Perth, échauffées par la facture digne
d'une horloge... astronomique que le petit bijou aura coûté
au contribuable !
Le décor est planté
: palmiers et buildings étincelants, Perth la solitaire a plus
d'un atout pour séduire le visiteur venu s'égarer sous
ses latitudes.
A déambuler dans ses nonchalantes rues marchandes, on est également
saisi par la grande décontraction qui règne ici encore
plus que dans les autres mégalopoles Australiennes explorées
jusqu'alors par vos serviteurs.
Très peu de klaxons,
beaucoup de terrasses sur lesquelles les " Aussies " savourent
une bonne petite mousse en trinquant à la bienveillance du climat
qui leur accorde un hiver austral ensoleillé agrémenté
d'une bonne vingtaine de degrés !
17 Heures sonne ... la city
financière se vide en un clin d'oeil. Les affairistes s'en vont
agripper leurs clubs de golf ou grimper à bord de leur kayak
pour un petit tour sur la Swan river au moment où celle-ci semble
boire l'astre solaire.

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Trop dure, la vie de reporter
!!! D'autant plus lorsque le sujet du jour concerne une île paradisiaque,
petit confetti de sable et de lande soufflé à quelques
encablures de Fremantle (port situé à l'embouchure de
la Swan River, à une dizaine de kilomètres de Perth).
L'île de Rottnest nous a reçus comme des princes en déroulant
sous nos tongs un tapis de sable blanc et posant devant nos pupilles
une opale marine en dégradés de turquoise !
Au loin, un voilier mouille dans une petite crique sauvage, une imperceptible
brise se lève ... qu'est-ce qu'on attend pour être heureux
?
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Pour nous mouvoir sur l'île en toute liberté et rendre
un petit hommage aux forçats de la petite reine qui doivent être
en ce moment en train d'en découdre dans les grands cols alpins,
nous avons nous aussi enfourché de fières montures mono-vitesse,
au grand dam de nos fessiers et mollets durement sollicités !
Nous voici donc déboulant à toute allure le long des falaises
escarpées sur des vélos rose bonbon !
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Dans l'intérieur de
l'île, on retrouve quelques paysages bucoliques familiers de l'Australie.
Ici, une éolienne grinçante qui se découpe dans
le bleu doux et profond d'un ciel en hiver.
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Hors des sentiers battus
!
En grand amateur de verticalité
saupoudrée de blanc, JB se lance à l'assaut des incroyables
dunes de l'île de Rottnest.
Ah, au fait, vous vous demandez sans doute d'où provient ce doux
nom qui fait siffler vos tympans ?
Du hollandais !
Les colons néerlandais
arrivèrent sur l'île en 1696 et furent frappés de
découvrir une multitude de rongeurs.
Rotte-nest signifie en effet " nid à rat " dans la
langue de l'autre pays du fromage.
Mais, grave
erreur imputable à la fièvre de la découverte:
les rats en question sont en fait des Quokkas, toujours présents
en quantités barbecuesques et possédant une bouille rondelette
beaucoup plus sympa que leurs congénères européens
de canalisations et égouts dégoûtants!
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Une à une, les petites
lucioles incandescentes s'allument dans le ciel de la cité.
Le crépuscule tombe sur Perth, la Swan river et notre périple
australien qui aura finalement duré pas moins de deux mois au
total. (un record de longévité pour TU 2000 !).
Nous abandonnons donc derrière
nous ce pays aux infrastructures dédiées au voyage pour
rejoindre des contrées asiatiques laissant nettement plus la
part à l'improvisation et à la confusion!
Mais n'est- ce pas avant tout cela, le piment du périple au long
cours ?
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Un petit jeu d'ombres chinoises,
quoi de mieux pour se mettre dans le bain asiatique ?
Nous voici transportés en un cliché grâce à
la magie du différé en plein coeur de l'île de Java,
tout au sommet du temple bouddhiste de Borobudur.
Il est bientôt 6h du
matin et comme tous les jours de l'année à la même
heure (nous sommes presque sur l'équateur !), le soleil fait
sortir le massif édifice millénaire du monde des ténèbres
en se levant juste entre deux volcans, à l'horizon.
En contrebas, les rizières
et forêts sont encore enveloppées dans leur halo mystérieux
de brume en attendant d'en être délivrées par les
premiers rayons ardents.
Oublié le réveil difficile à 4H30 qui nous a valu
d'être aux premières loges pour ces instants surnaturels
!
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122 mètres de côté,
10 terrasses, 8300 mètres carrés de surfaces sculptées
ou peintes :Borobudur est le plus imposant monument ancien bâti
dans l'hémisphère sud.
En outre, la construction
de l'édifice dura pas moins de 250 ans, entre 700 et 950 de notre
ère et coûta un tribut en pertes humaines tellement gargantuesque
que la démographie de la région mit plusieurs siècles
à accuser le coup !
Le temple a également
connu une histoire abracadabrante : à peine fini, il fut laissé
à l'abandon suite à d'incessantes invasions (pas moyen
de prier en paix !), puis la nature et les cendres volcaniques des éruptions
le recouvrirent presque complètement. Il faudra attendre 1814
et la curiosité d'un colonel britannique pour redécouvrir
le trésor enfoui et entreprendre de fastidieuses restaurations
pierre par pierre.
Aujourd'hui, le climat ambiant
de corruption du pays laisse penser à quelques observateurs qu'une
maigre partie des fonds alloués par l'UNESCO pour la réhabilitation
totale du temple est effectivement parvenue à sa destination
première ; le reste étant probablement allé contribuer
à la restauration des piscines et du parc automobiles de certains
proches de l'ancien président Suharto !!!
En attendant, les pierres
se déchaussent toujours sous les pas des milliers de visiteurs
journaliers !

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Au sommet du temple, un des
nombreux bouddhas assis attend encore et toujours avec bienveillance
les pèlerins au milieu d'un dédale d'immenses cloches
en pierre.
Pour parvenir
jusqu'à lui, les fidèles adorateurs auront eu à
emprunter les cinq kilomètres de chemin de méditation
suivant les 10 terrasses amenant au sommet, en commençant toujours
par la gauche.
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Le parcours
de prière est jalonné de bas reliefs, portes et sculptures
retraçant l'univers bouddhiste.
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Poursuivant sur notre lancée
exploratoire, nous empruntons la sinueuse et défoncée
route menant au plateau de Dieng (là où les nids de poules
laissent la place aux nids d'autruches !), à environ deux mille
mètres d'altitude.
Les paysages traversés sont de toute beauté, entre forêts
luxuriantes de palmiers puis incroyables étagements de rizières
en terrasse au fur et à mesure de l'ascension.
Au sommet, une succession de petits temples hindous (Arjuna Temples
sur la photo) et de sites d'activité volcanique (geysers, bains
boueux bouillonnants) nous attendent, ainsi que des miss en vadrouille
arborant pour l'occasion des tongs flambant neuves.
Il faut dire que depuis une
semaine, les grandes vacances scolaires ont débuté.
Et quel est le passe-temps favori des élèves ?
Partir en voyage de classe accompagnés de leurs instituteurs
!!!
Très
peu de familles ont en effet la possibilité de payer des vacances
à leurs rejetons ; l'institution scolaire prend alors également
le couvre-chef d'organisatrice de loisirs culturels pour divertir un
peu les élèves.
La grande différence de styles vestimentaires présents
dans le groupe de copines (sobre tchador immaculé à droite
ou déshabillé en simili-fourrure de grizzly avec lunettes
de soleil star système au centre !) témoigne de la tolérance
culturelle indonésienne. Bien que le pays soit à 80% islamique,
toutes les sensibilités ont droit de cité et d'exhibition
et c'est tant mieux !
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De retour à quelques
encablures de Borobudur, dans la surprenante ville de Jogjakarta.
A la grande différence de sa grande soeur Jakarta, tentaculaire
et ultra-polluée, " Jogja ", comme les locaux la surnomment
affectueusement, fait elle plutôt penser à un joyeux village
de plus de 800 000 âmes, dans lequel les piétons ont pour
une fois plusieurs avenues sur lesquelles déambuler en toute
liberté.
Voici JB surpris en plein
essayage de moyen de transport écologique :le Becak, ou vélo
à trois roues.
Certes, il faut parfois descendre et marcher à pied dans certaines
montées pour alléger le fardeau du pédaleur-conducteur,
mais hormis ces petites concessions, on se trouve rapidement plongé
en plein coeur de la bourdonnante circulation, comme enveloppé
dans une frêle coquille de noix à pare-choc humains !
Côté
politique, la région de Jogjakarta cultive sa différence
dans un pays dont le pouvoir central est d'habitude enclin à
écraser dans le sang toute velléité indépendantiste.
Jogja est en effet un sultanat indépendant, l'unique d'indonésie.
Raison de cette faveur: la fidélité sans failles du sultan
de Jogja à Sukarno, le libérateur du joug colonial hollandais
en 1949. Pour le récompenser, le nouveau chef de l'état
offrit à son ami la vice-présidence nationale ainsi qu'un
statut indépendant pour son sultanat.
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La plupart du temps, les
chauffeurs de becaks attendent avec décontraction et bonne humeur
à l'ombre de leurs bolides taillés pour le roupillon de
patentés clients argentés et tentés et surtout
...pas pressés : le becak c'est toute une philosophie !!!

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Se déplacer en Indonésie
par le réseau routier se révèle être un sport
éreintant.
Massés dans de gros
bus cahotant tant bien que mal sur leurs fins d'amortisseurs et zigzagant
parmi le bétail et le trafic dense, on se cramponne à
qui mieux-mieux aux repose-têtes en skaï déchiré.
Sensation jeu vidéo avec sueurs froides garanties.
Un seul inconvénient majeur : le " Game Over " arrive
dès la fin de la première vie !
Ainsi, les 10 heures de trajet
promises pour se rendre de Jakarta à Jogja se sont-elles transformées
en 18 heures, le temps d'exploser deux chambres à air à
100KM-heure et essuyer une avarie moteur grave.
Voici justement
immortalisé le dépannage lors de la seconde crevaison
: un Becak arrivé à la rescousse charge le conducteur
tenant l'immense roue qui partira se faire rafistoler au prochain village
!
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Un des petits bonheurs égoïstes
de la vie que procure à coup sûr l'Indonésie, c'est
que votre peau blanche vous met instantanément dans la veste
à paillettes d'une pop-star en tournée mondiale ou la
chemisette dégoulinante d'un tennisman sortant du central après
une lutte homérique en cinq sets.
Pour l'adolescente et même
la femme indonésienne, le nec plus ultra du souvenir de vacances
et conjointement de la fierté vis à vis de leurs copines
carbonisées de jalousie est en effet de se faire photographier
avec un " boulé " (un blanc), voire mieux... d'obtenir
son autographe !!!
Dès lors, certaines
visites de monuments historiques se transforment irrémédiablement
en un long défilé d'une cinquantaine de jeunes demoiselles
mortes de trouille vous montrant en tremblant leur appareil-photopuis
vous prenant par la taille au moment du cliché !
JB est ici donc en train
de sacrifier à ce souriant rituel, en compagnie de jeunes groupies
scouts en partance pour un camp de vacances.

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Place maintenant à
des paysages plus reposants après le stress du retour dans la
capitale, Jakarta !
En compagnie de Ben, un vieux
de la vieille de l'ESC Grenoble expatrié sous les cocotiers indonésiens
qui fut notre guide dévoué autour de la capitale, nous
mettons le cap sur les Mille îles, à moins de deux heures
de bateau du port.
En chemin, nous croisons
d'incroyables enchevêtrements de pilotis en bambou se détachant
dans le paysage comme d'immenses araignées velues.
En leurs centres sont arc-boutées de misérables cahutes
de toile : Il s'agit de rudimentaires plate-formes off shore accueillant
des pêcheurs dropés en pleine mer avec leur canne à
pêche pour plusieurs semaines de solitude ... une sorte de remake
de " waterworld " à l'indonésienne, le beau
Kevin Kostner en moins !
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Tous les ingrédients
nécessaires à une bonne publicité pour liqueur
à base de noix de coco mondialement célèbre sont
rassemblés sur l'île : couchers de soleil à en tomber
de son transat, pontons pour solitaires voulant refaire le monde (genre
BHL loin de son Arielle) et végétation luxuriante encadrant
le tout!
L'archipel
indonésienne, qui compte pas moins de 14 000 îles, recèle
une multitude de paradis encore inexplorés, de gigantesques forêts
vierges à la biodiversité unique parsemées de tribus
primitives aux moeurs culinaires bien singulières (cannibalisme
!) ... bref l'Indonésie est un véritable collier de bijoux
et de pierres précieuses flottant au beau milieu de l'océan
indien.

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La population locale est
principalement composée d'immenses varans d'un bon mètre
cinquante en moyenne, pas du tout effarouchés par l'objectif
de JB qui leur distille la douce mélodie grinçante de
son zoom affolé à moins de 20 centimètres !
Pour tenir
compagnie à ces revenants de l'ère préhistorique
autant à leur aise dans l'eau que sur le plancher des vaches,
citons pêle-mêle des nuées de moustiques voraces,
des perroquets jacasseurs ainsi qu'une incroyable faune multicolore
sous-marine bullant en harmonie autour de superbes coraux.
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Petite photo bonus histoire de prendre congé des mille îles
dignement.
Un regret toutefois :celui que cette région soit devenue une
zone strictement réservée à la villégiature
des hommes fortunés . En clair, un ghetto pour blancs amateurs
de plongée, mais pas forcément d'immersion dans la culture
indonésienne et la rencontre avec ses habitants.

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Grâce au petit coin
de paradis qui sert de quotidien à Ben dans sa luxueuse villa
d'expatrié, avec grosse piscine et palmiers, JB prolonge sur
une île (d'une taille certes un peu plus réduite) le bonheur
d'être un Robinson ... au beau milieu d'une ville de plus de 15
millions d'habitants !
Arrivé à Jakarta depuis plus de 16 mois, Ben est devenu
une superstar nationale reconnue et adulée dans les rues depuis
une participation à l'émission TV reine ... une famille
en or !
Au cours d'une épreuve
spéciale mettant en lice des " familles " internationales
(en fait de joyeuses bandes de copains), Ben et ses trois compatriotes
ont tout d'abord tremblé devant l'Inde avant d'atomiser le Danemark
en quart de finales, ridiculiser l'Angleterre en demis (avec l'ambassadeur
dans l'équipe !) et enfin... ratatiner façon bouillabaisse
niçoise les Indonésiens en super-finale !!!
Bon prince, notre French team au grand coeur a reversé l'intégralité
des super cagnottes amassées à une association caritative
tenue par des françaises.
Depuis, son apparition dans les lieux publics de la ville provoquait
des attroupements de badauds en effervescence!
Il a également reçu plusieurs propositions pour figurer
dans des films ou de nouveaux jeux télévisés et
nos amis téléspectateurs accros devraient très
bientôt le voir endosser un rôle de comédien dans
une grande fresque historique produite par la grande chaîne nationale
!
Comme quoi finance et comptabilité (les occupations professionnelles
de Ben) sont bien proches des performances d'acteur et de comédien
!

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A quelques pas de la ruelle
résidentielle, où nous fûmes accueillis en VIP de
premier choix (encore merci à Ben, Bruno et Thomas, le tiercé
gagnant du " Jalan BDN 2! "), nous avons découvert
au hasard d'une flânerie inspirée un petit coin d'Eden
unique :
Ici, il n'y a qu'une seule
richesse. Elle est humaine, profondément ... et se mesure aux
sourires qui s'illuminent sur votre passage, aux doux regards intrigués
et complices récoltés en chemin et qui en un clin d'oeil
vous irradient de bonheur.
Un tel endroit ne peut être
que le royaume des enfants ...

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Amusées par notre
étrange " boîte à images ", les fillettes
se prêtent bien volontiers à l'objectif, sans même
nous demander quoi que ce soit en échange de leurs jolis visages
immortalisés ( comme c'est malheureusement monnaie courante dans
de nombreux pays à jamais pervertis par le tourisme de masse
et où certains enfants ne parlent et pensent qu'argent alors
qu'ils n'ont pas même 5 ans ! ) .

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Les garçons quant
à eux passent le plus clair de leur temps libre la tête
dans les nuages à faire planer et virevolter leurs frêles
oiseaux de papier au dessus des tours de béton.
Les cerf-volants sont fabriqués
par les enfants avec des objets de récupération ( une
vieille boîte de conserve deviendra ainsi en un coup de baguette
magique la bobine autour de laquelle ils enroulent des dizaines de mètres
de fil de pêche !).
Ces petits bouts d'hommes
débrouillards partagent le même rêve qu'Icare et
ce sera à celui qui déploiera le plus d'ingéniosité,
de patience et ... de fil pour réussir à tutoyer au plus
près " Matahari ", le soleil d'Indonésie.

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" Anak Anak " (
les enfants )
L'indonésien est une
langue plutôt facile à apprendre et agréable à
écouter.
Le pluriel d'un mot s'obtient ainsi, en le répétant deux
fois !
Comme vous l'avez donc compris : " un enfant " se dit donc
Anak (à ne pas confondre avec anorak, de toute façon totalement
inutile sous ces latitudes !).
Pour les amateurs de linguistique
voici quelques petites bribes tirées de ce langage fort sympathique
(à l'image de son peuple) et on ne peut que vous inviter à
venir directement sur place en apprendre davantage !
Selamat datang : bienvenue
!
Selamat pagui : bonjour le matin
" siang : de 11 à 13 h (attention c'est précis !)
" sore : de 13 h 01 au coucher du soleil
" malam : bonsoir
Selamat tingal : au revoir (celui qui part)
" djalan : " " (celui qui reste)
Tri macassi : merci beaucoup
Sama : de rien
Ya : oui Dida : non
Apa Kabar ? Comment ça
va ?
Baik : bien, super, la pêche, la frite, la forme, nickel, tip
top bleu ciel (pour nos amis helvétiques ), ça roule,
... bref ça va !
Kaliling Dunia : le tour
du monde

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Voici la grande et chaleureuse
famille de l'orphelinat de Binasejahtera qui se trouve au sud de Jakarta.
Plus d'une trentaine d'adolescents vivent sous ce toit et nous ont ouvert
grand les bras le temps de quelques journées (bien trop vite
passées !) à partager leur quotidien, leurs éclats
de rires et leurs chagrins pour ce qui restera une des plus émouvantes
rencontres de notre tour du monde.

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Sally et Ronald sont les
parents adoptifs de cette petite tribu et les responsables de l'orphelinat.
Tout commença au début
des année 70, grâce à la mère de Ronald d'origine
hollandaise, Madame Tumevu-Swart, qui récupérait les enfants
abandonnés et leur cherchait des familles d'adoption en Europe.
Plusieurs centaines d'enfants
ont ainsi pu retrouver des parents, de l'amour et une vie nouvelle,
plus belle, qui s'offrait à eux ... jusqu'à ce que le
gouvernement indonésien interdise l'adoption en dehors des frontières
du pays, dans les années 80.
Notre couple bienveillant
reçoit le soutien de plusieurs associations humanitaires en Hollande,
Allemagne, Suisse et France, appelées " Kasih Bunda "
(ce qui signifie Amour Maternel).
Outre les adolescents dont
ils s'occupent au sein de l'orphelinat, Sally et Ronald assurent une
aide à la scolarisation pour plus de 400 enfants de Jakarta :
cela consiste à faire prendre en charge les frais de scolarité
de ces écoliers grâce à un système de parrainage
par des familles européennes (car en Indonésie, les écoles
publiques ne sont pas gratuites et coûtent en moyenne autour de
50 000 roupies / mois ce qui représente environ 40 francs...
une fortune, lorsque le salaire mensuel moyen équivaut lui à
300 francs !)

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En direct de l'atelier couture
et avec le sourire s'il vous-plaît !
Bienvenue dans les coulisses de la confection des housses de polochons
...de belles batailles dans les dortoirs en perspectives !!!

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L'équipe de Tu 2000
investie d'une mission éducative interplanétaire n'a pas
résisté au plaisir de faire découvrir aux jeunes
du centre les sensuelles intonations et expressions qui ont rendu si
célèbre la langue française à travers le
monde.
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Dans l'immense hangar du
garage de l'orphelinat, les garçons s'affairent autour d'une
vieille Renault 5 exilée du vieux continent,.
" La voiture de Mr Bean ", comme ils aiment à l'appeler,
a fait don de sa carrosserie à la science et leur permet de s'initier
aux " joies et crasses " de la mécanique tout en apprenant
un vrai métier et préparant l'avenir : l'orphelinat qu'ils
devront quitter un jour ...

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" Raynani & les
trois perroquets "
Ca pourrait être le
titre d'un conte écrit pour petits et grands ...la légende
d'une enfant qui raconterait sa belle histoire à ses amis aux
plumes blanches comme neige, une Blanche Neige à la peau dorée
par le soleil et aux yeux couleur d'ébène qui, à
défaut d'avoir rencontré 7 petits nains, aurait trouvé
ici plus de frères, de soeurs et de copains qu'elle n'en aurait
jamais rêvé ...

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Anduko est à la veille
de célébrer ses 18 ans et se prend à imaginer sur
le planisphère un grand voyage qui l'emmènerait bien loin
de son archipel natal.
Il étudie actuellement
le tourisme et l'hôtellerie et nous espérons de tout coeur
qu'un garçon aussi attachant et pétri de talents saura
faire pousser des ailes à sa destinée afin de pouvoir
s'envoler à la découverte d'autres horizons ...puissent
les vents lui être favorable et lui donner raison ...

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Dernière soirée
en musique avec les adolescents qui nous avaient à leur tour
adoptés, derniers accords de guitares à la mémoire
de Mister Marley (dont les chansons sont plus que jamais universellement
appréciées), derniers éclats de rire, derniers
instants magiques partagés ensemble et premiers pincements au
coeur ...on reviendra, qu'on se le dise !!!

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Et dire qu'on a failli rater
tout ça !!!
Dire qu'on a failli passer
à côté de tous ces beaux sourires d'enfants, de
toute la gentillesse de ce peuple si charmant, qu'on aurait pu bouder
les merveilles architecturales et naturelles de l'île de Java
à cause de rumeurs !
La grande leçon à
tirer de ce bref mais néanmoins riche passage en Indonésie
est qu'il faut se méfier des informations sorties de la bouche
des médias, par l'audimat et le sensationnel
alléchés.
Non qu'ils disent n'importe quoi, mais maquillent et travestissent bien
souvent la réalité, en toute subjectivité.
L'Indonésie n'est
pas aujourd'hui un pays majoritairement dangereux ou en état
de guerre civile. Certes, elle connaît de violents conflits mais
qui restent très localisés et ne remettent pas en cause
le calme qui règne partout ailleurs dans le territoire national.
Les Indonésiens sont
d'ailleurs les premiers à déplorer les méfaits
de cette " désinformation " qui semble s'acharner sur
leur pays, causant ainsi depuis plusieurs mois une chute vertigineuse
de la fréquentation touristique et conjointement de la roupie
indonésienne. L'économie nationale n'avait vraiment pas
besoin de ça !!!.
Outre d'éventuelles
tentatives de putsch militaire ainsi que la trop grande suprématie
et l'accaparement des richesses nationales par l'establishment corrompu
de Java, les véritables dangers enclins à menacer la stabilité
nationale sont avant tout naturels.
La première bombe à retardement est démographique
et concerne les 2OO millions d'individus qui aspirent à un avenir
décent passant par un accès à l'éducation
et à la santé pour tous.
De leurs espoirs déçus
pourraient germer de féroces révoltes instiguées
par des hommes qui sont encore aujourd'hui majoritairement de bons et
dociles musulmans vivant au rythme séculaire et cadencé
des cinq prières quotidiennes.
La seconde menace, découlant
de la première, concerne la déforestation inquiétante
des îles pour des raisons domestiques primaires (bois de chauffage
et de construction) ou des intérêts économiques
à court terme servant des enrichissements personnels(moni izz
moni !).
Ainsi, on assiste à un déboisement massif de certaines
forêts exceptionnelles de l'île de Bornéo, exploitées
par des Japonais pour alimenter le marché Chinois des baguettes
en bois !!! (après chaque repas, 1,2 milliards de chinois jettent
leurs baguettes à la poubelle !)
La conséquence à
10 ans de cette politique à courte lorgnette est malheureusement
déjà connue de pas mal de pays d'Afrique : appauvrissement
et érosion vitesse grand V des sols cultivables qui deviennent
acides et de plus en plus rocailleux, la terre n'étant plus retenue
par les racines et filant dans la mer.
Restera alors plus de 200
millions de bouches à nourrir... avec quoi, à défaut
de beaux discours sur le bon temps de l'essor économique et de
la croissance à deux chiffres qui reviendra peut-être un
jour?
Il reste donc à espérer
que Mr Wahid, le contesté et décrédibilisé
président actuel tombé dans les travers corrompus de ses
prédécesseurs aura la sagesse de saisir au vol la perche
de sortie lancée par le parlement national, histoire de laisser
la place à un nouvel homme, un nouvel espoir de tout un peuple
trop souvent abusé.
La stabilité nationale, rempart à une balkanisation de
l'archipel, en dépend.
Nous ne saurions refermer
une fois de plus notre grand livre cybernétique et tourner une
nouvelle page sur nos aventures sans éprouver un sentiment profond
de compassion à l'égard d'un autre voyageur haut-savoyard,
qui connaît lui une tout autre mésaventure, celle d'être
condamné à perpétuité dans les prisons de
Jakarta.
Michael, on pense bien fort
à toi ...
Pendant les vacances, TU
2000 continue à souquer ferme et vous invite à découvrir
dans notre prochain envoi un royaume rempli de bons petits plats colorés,
de plages de rêve, de massages sensuels et parfois de touristes
bedonnants:la Thaïlande ...
SEB et JB