Inde- Jeudi 20 septembre 2001-"
Tout sauf l'ind...ifférence!"
En mettant au programme une immersion au pays du Taj
Mahal, du thé et des épices (clichés d'agences de voyage communément
assimilés !), nous nous attendions à pénétrer dans un sacré tourbillon
mêlant fièvre religieuse chronique, misère noire et temples dorés, mysticisme
sadhu (prononcez " sadou ") et dur labeur, plaines surchauffées et montagnes
frigorifiées, jungles denses et danses " Nritya " (mimées et narratives).
Mais un voyage en Inde, c'est avant tout une grande gifle morale qui
claque sèchement sur notre peau lisse d'occidental policé.

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Car pour éviter le sentiment de malaise permanent, l'aversion la plus
totale à l'encontre des us et coutumes d'un peuple qui veut encore au
21ème siècle immoler des veuves sur les bûchers de leurs défunts époux,
on se doit à tout prix de laisser nos préceptes judéo-chrétiens dans
les soutes de l'avion et de se plonger corps et âme dans les exploits
homériques du panthéon de la religion hindoue. Tout s'éclaircit alors
à une vitesse inouïe. Le corps humain ne devient plus qu'une enveloppe
charnelle sans importance, le dénuement extrême vous mène au nirvana
et les femmes, parce qu'elles sont source de désir, sont vouées à jouer
des rôles subalternes ! Alors, une fois ces premières surprises passées,
vous pouvez rejoindre vraiment tout un peuple qui, dans une immense
et perpétuelle farandole de couleurs chatoyantes, de senteurs inoubliables,
vous introduira malicieusement à sa ferveur religieuse inouïe. Et puis
l'Inde reste également un des rares pays où l'horloge du temps semble
parfois s'être arrêtée. On assiste ainsi à des scènes agricoles moyenâgeuses
à tous les coins de rizières, dans lesquelles de lourds attelages de
buffles creusent inlassablement les sillons synonymes de vie, alors
que dans la ville voisine, les usines TATA assemblent des satellites
spatiaux ! Dans ce pays aux mille et un visages, nous n'avions également
pas la prétention d'effectuer une découverte exhaustive mais de nous
arrêter plus longuement sur quelques régions phare, histoire de partager
le quotidien des habitants et de ne pas diluer nos forces dans l'interminable
réseau ferroviaire baigné par les pluies de mousson. Depuis la déconcertante
Bombay, en passant par les palmiers de Goa, les temples d'Hampi et les
canaux du Kerala, nous vous convions à explorer la côte ouest indienne.
L'occasion de multiples rencontres et aventures qui, à l'instar de notre
expérience, devraient vous procurer tout sauf de l'Ind…ifférence !!!

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Seb en compagnie de Joachim, le sympathique percussionniste des Scorpions
On en est désormais convaincus : un voyage se ponctue toujours de surprises
et de rebondissements. Quelle ne fut pas la nôtre en rencontrant par
hasard à l'aéroport de Bangkok le groupe de rock " Scorpions " en tournée
asiatique " Acoustica " ! Tout a commencé lorsque Seb et son didjéridoo
attirèrent l'attention d'un individu tout de noir vêtu, apparemment
passionné par l'instrument, vite rejoint par des collègues au look pas
vraiment local. Après quelques minutes de palabres musicales et deux
ou trois questions de plus en plus précises de notre part, on réalisa
tout à coup que nos interlocuteurs étaient eux aussi des musiciens en
vadrouille, jouaient du rock et s'appelaient …Scorpions !!! Du coup,
nous avons pris l'avion ensemble pour Bombay et bien sympathisé avec
quelques membres du groupe mythique, bien intéressés par notre tour
du monde. Echange d'e-mails, tapes amicales sur l'épaule au moment de
se séparer…et un petit message électronique reçu depuis nous font dire
qu'on peut encore être mondialement célèbre et encore proche des gens…Bravo,
les gars ! Pour la petite anecdote, à la sortie de l'aéroport de Bombay,
comme nous voyagions aussi avec des guitares et que nous discutions
avec l' équipe, le staff indien nous a pris pour des membres du groupe
… pour un peu on finissait la tournée avec eux !!! Ce fut également
l'occasion de nous rappeler au bon vieux temps où les slows du célèbre
groupe teuton assuraient le succès de nos premières boums où, tandis
que résonnaient les premières notes de l'incontournable " Still loving
you ", une voix suave annonçait au micro: " Attention les filles, c'est
le quart d'heure américain ! ".

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Centres
de transit incontournables, bienvenue dans les immenses terminaux de
bus, bruyants et poussiéreux à souhait ! On y trouve souvent entre autres
commodités une salle de consigne (bien pratique lorsqu'on veut se délester
pour aller explorer les environs) et même des petits dortoirs salutaires
quand on attend une connexion avec déjà quelques journées et nuits blanches
de transport au compteur. Mais les gares, c'est avant tout d'étonnants
centres grouillant de vie dans lesquels des familles entières peuvent
rester des dizaines d'heures, mangeant et dormant à même le sol sur
une pièce d'étoffe déroulée à la va-vite tandis que mendiants et vendeurs
ambulants de toute sorte et tous âges vous proposent un large éventail
de nourriture, boissons et gadgets. Etant donné l'état des banquettes
et amortisseurs des bus gouvernementaux (en blanc et bleu sur la photo),
conjugués à la qualité moyenne des chaussées indiennes rappelant le
chemin des dames fin 1917, nous déconseillons fortement aux personnes
de plus d'1M70 de s'assoupir…sous peine de voir leur crâne sauvagement
projeté contre la carlingue de ferraille bringuebalante. (c'est du vécu
!) Parfois, on rencontre également d'étonnants vestiges de la longue
colonisation des britanniques, qui outre un réseau ferroviaire dense
ont laissé derrière eux des camions-bus à deux étages…on se sent tout
d'un coup pas si loin du palais de Westminster !

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Dans les lieux publics, on apprend également vite à composer avec la
curiosité indienne envers l'étranger: la différence intrigue d'autant
plus que les distractions sont plutôt rares et ce sont vite deux, quatre,
quelque dizaines de paires d'yeux qui vous scrutent fixement, souvent
en silence, alors que vous attendez tranquillement votre bus. Puis quelques
questions fusent, toujours les mêmes : where come from, what's your
good name ?, first time in India ?- (de quel pays venez-vous ?, comment
vous appelez-vous ?, est-ce votre premier voyage en Inde ?), prononcées
dans un Anglais coloré à défaut d'être " linguistically correct ! ".

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L'équipe de TU 2000, toujours à l'affût de nouvelles découvertes, est
allée explorer les ruelles animées de Bombay pour vous en ramener la
preuve irréfutable ( photo non truquée): le mot épicerie serait en fait
une contraction de " Epices & Riz " !

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Dans les villes, d'immenses affiches de films égayent souvent les carrefours.
Ce sont de véritables œuvres d'art faisant parfois plus d'une dizaine
de mètres de longueur et entièrement peintes à la main . Aller en Inde
sans assister au moins une fois à une séance de ciné, c'est un peu comme
quitter la foire du trône sans être monté dans la grande roue : on ne
sait pas ce qu'on rate ! Avec plus de 800 longs métrages tournés chaque
année dans le pays, l'Inde est le premier producteur mondial de films.
Qui l'eut cru ? A tel point que Bombay et ses nombreux studios de ciné
s'est même vue décerner le titre de " Bollywood ", c'est peu dire !
Les scénarios sont toujours délirants, mêlant satire des institutions,
drames passionnels à l'eau de rose liés aux problèmes de castes, intermèdes
musicaux impromptus, anachronismes vous transposant sans coup férir
des plaines du Gange vers un chalet suisse, et ce pendant plus de trois
heures minimum, entrecoupées d'un salutaire entracte. Mais le plus extraordinaire,
c'est que le spectacle se joue autant dans la salle que sur l'écran,
interprété par un public hyper-réactif qui n'hésitera pas à siffler
comme un seul homme enjoué l'apparition d'une belle actrice, s'effondrer
en larmes lors d'une scène émouvantes ou conspuer avec véhémence un
méchant vraiment trop méchant à leurs yeux. Le cinéma entretient donc
une vraie histoire d'amour avec le peuple indien qui trouve en lui son
opium bon marché, en même temps qu'une tribune providentielle pour relayer
les grands maux qui le gangrènent et se défoule à bon compte sur toutes
les misères du quotidien….

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Avec tout ce ramdam autour de l'industrie des salles obscures, il n'est
naturellement pas rare de croiser le chemin d'une caméra de tournage,
au beau milieu d'une rue. Ici, le producteur bedonnant et moustachu
est en train de reprendre vertement l'acteur noir à chemise blanche.
" Plus de vie, que diable ! ". A souligner également qu'il est très
facile pour un voyageur européen disposant d'un peu de temps de jouer
dans un film indien. Faire apparaître au second plan des brochettes
de figurants blonds à la peau blanche, même hors contexte, est du plus
branché en ce moment ! Voilà peut-être une petite piste de reconversion
à méditer pour les évincés de la " Star Academy " ?

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Fuyant l'agitation épileptique des grandes villes, nous nous réfugions
sur les plages de l'état de Goa, totalement désertées pour cause de
mousson diluvienne. Au premier abord, rien de bien engageant : les dernières
tempêtes ont réduit les paillotes en bambous et branchages à l'état
de monticules informes éclatés ça et là, alors que les grandes marées
ont laissé derrière elles des traces peu ragoûtantes, en rejetant sur
la rive les détritus en tout genre laissés par la dernière vague des
touristes de masse. Seringues et préservatifs usagés, emballages plastiques
épars et autres tongs ensablées sont exposés en pâture à la curiosité
des enfants de pêcheurs dont c'est le terrain de jeux favori. Car en
plein cœur de l'hiver européen, Goa devient le rendez-vous des néo-freaks
friqués en quête de " trip " exotique sur fonds de musique électronique
Trance (ce qui a lancé mondialement le courant de " Trance Goa "). Déjà
dans les joyeuses sixties, Bob Dylan était venu égrener quelques accords
sous ces cocotiers qui symbolisèrent ensuite le mariage entre dépaysement
et stupéfiants. Mais depuis longtemps dans cette union, le pire a pris
le pas sur le meilleur. La douceur de vivre s'est effacée au fur et
à mesure que l'acide se substituait à la Marie-Jeanne et que le tourisme
de masse achetait les consciences. Aujourd'hui, quelques babas plus
très cool se terrent dans la jungle après avoir coupé les ponts avec
cette nouvelle génération qui les dépasse. Nous en avons croisé quelques-uns,
hagards, souvent alcooliques profonds, semblant avoir définitivement
quitté le monde des vivants. La mousson, c'est en revanche sans conteste
la meilleure saison pour découvrir entre deux rideaux de pluie torrentielle
Goa l'authentique, rendue à ses pêcheurs philosophes et ses plages désertes
uniquement fréquentées par quelques cochons évadés de la cour ainsi
qu'une ou deux vaches au sabot marin mugissant à qui mieux-mieux avec
l'écume.

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Voici près de quatre jours que les lourdes barques à balanciers du petit
village d'Harambol n'ont pas goûté au sel du large car même si les divinités
chrétiennes veillent sur les coques multicolores (Goa fut un comptoir
portugais et donc largement évangélisé par l'occupant), la houle est
encore trop forte pour prendre la mer sans risques. Tous évoquent encore
le terrible accident de la semaine dernière qui coûta la vie à un marin,
père de famille du village, tombé dans le bouillon et dont on a isolé
l'embarcation désormais maudite à quelques encablures des autres. La
fatalité… Il faut dire qu'à Goa, la plupart des pêcheurs ne savent pas
nager, histoire de superstition.

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Ce petit coin de paradis en sursis, au sable autrefois si blanc, est
aujourd'hui maculé de nombreux déchets : " On va nettoyer avant le début
de la saison touristique " nous explique un ami pêcheur. Si les indiens
n'ont pas encore vraiment conscience des enjeux liés à la protection
de l'environnement, ils se sentent tout de suite l'âme plus écolo pour
séduire les vacanciers … Comme quoi le tourisme a parfois du bon ! En
tout cas, cela n'empêchera pas notre ami quadrupède de profiter du calme
de la plage pour s'endormir sur ses deux oreilles !

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Ca y est ! Le signal a été enfin donné après d'interminable journées
d'attente mises à profit pour repriser patiemment les filets … La pêche
peut reprendre et avec elle l'unique moyen pour bon nombre de familles
de subsister. A l'heure du retour (autour de 10H), la solidarité villageoise
joue à plein et plusieurs personnes viennent proposer leur aide aux
trois membres d'équipage de cette embarcation (le propriétaire de la
barque et deux employés ). Ensemble, ils la tireront vers le rivage
en s'aidant d'astucieux rondins de bois disposés sous la coque pour
faciliter la glissade.

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Les filets de pêche sont ensuite séchés au grand air, conférant à quelques
vieilles souches d'arbres rabougris de petites allures d'œuvres d'art
contemporaines !

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Etant logés dans une maison de pêcheurs au centre du village, nous occupions
une place de choix pour observer la vie quotidienne…d'autant plus que
nous possédions dans nos quatre murs l'un des seuls postes de télévision
à la ronde. Du coup, des ribambelles de mômes du voisinage prenaient
leurs quartiers chez nous, histoire de ne pas rater ensemble leur série-culte
: les exploits du super héros " Shakti Man " (l'homme fort), sorte de
Bioman revenu à la sauce Bollywood , avec sa série de cascades décoiffantes
(sans pour autant affecter le brushing impeccable de l'acteur !) et
de costumes " plus kitch tu meurs " !

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Cactus et palmiers cohabitent dans le paysage de Goa en bons voisins
vivant à des étages différents !

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Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, tient une place de choix au panthéon
des divinités de la religion hindoue. Fils de Civa et de Parvati, il
incarne la chance, la prospérité et la sagesse. Doté d'une grande popularité,
on le trouve représenté dans la plupart des temples, tandis que les
hindous n'hésitent pas à l'invoquer avant de se lancer dans un quelconque
projet ou voyage. Une grande fête est organisée chaque année autour
de la mi-août pour célébrer son anniversaire… bien que personne ne soit
capable de lui donner un âge ! Mais au fait, connaissez-vous l'origine
de son faciès peu commun ? D'après la légende, Civa, rentré d'un long
voyage, aurait trouvé sa femme en compagnie d'un beau jeune dieu. Aveuglé
par la colère et se sentant trahi, il trancha net la tête de l'amant
… qui n'était autre que son enfant qui avait grandi ! Se rendant compte
de sa bévue, Civa promit de remplacer la tête du fiston par celle de
la première personne qu'il croiserait et … ce fut un éléphant ! Avec
une guigne pareille, Parvati doit vraiment être inconsolable ! Les dieux
hindous sont finalement très humains, avec leurs petites faiblesses
qui les rendent si attachants.

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Lors du " Ganesh Festival ", chaque famille installe dans la pièce principale
de sa maison un autel dédié tout entier au Dieu superstar et en fonction
de son opulence, le conserve plus ou moins longtemps (de quelques jours
à plusieurs semaines pour les plus riches). Statue de plâtre, offrandes
de fruits et fleurs sur fond d'encens consumé et de musique traditionnelle
indienne jouée surtout après le coucher du soleil sont les atours indispensables
pour satisfaire la divinité. Pour l'occasion, de succulentes pâtisseries
sont également confectionnées, souvent à base de sucre, de miel, d'amandes
ou de noix de coco…excellent, sauf pour la ligne ! C'est également un
grand honneur en même temps qu'un devoir pour chaque famille de recevoir
les étrangers à cette occasion. Et gare aux plus radins qui attireront
sur eux le mauvais œil de Ganesh et pourront dire adieu à leurs projets
ambitieux. La fin du festival sera matérialisée par une procession organisée
par chaque famille, qui mènera à la fin du jour la statue avec grands
renforts de musique et de pétards vers son destin : l'immersion dans
un cours d'eau ou dans la mer.

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Quasiment aux mêmes dates que le " Ganesh Festival " se tient le " Krishna
Festival ", dédié à cette divinité pittoresque qui n'est autre qu'un
des dix avatars de Vishnu. Krishna aura eu une vie particulièrement
riche, puisque tour à tour berger, joueur de flûte et courtisan des
belles, puis guerrier émérite, fondateur de villes. Les membres de la
famille de sexe masculin rendent un dernier hommage à la statue en faisant
brûler une bonne dizaine de bâtonnets d'encens à ses pieds avant de
l'immerger dans l'océan, juste derrière. Auparavant, les villageois
nous avaient conviés à goûter des sucreries préparées spécialement pour
l'occasion ( sorte de pop-corn hyper-sucré), alors que les enfants se
livraient à des jeux rituels sur la plage. L'Inde, décidément un enfer
pour diabétiques !!!

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"
Le COCA, c'est que pour les gros porcs ! Grouïïïïïïk, Grouïïïïïïïk !"
Plus
qu'ailleurs, vie humaine et animale cohabitent harmonieusement en un
même lieu, ce qui ne va certes pas sans poser de graves problèmes sanitaires.
Les cochons deviennent ainsi dans les villages de véritables compagnons
du quotidien, grognant et pionçant de concert aux carrefours ou attendant
grâce à un ingénieux système juste en dessous des latrines, le groin
frétillant, que vous leur offriez en casse-croûte un excrément tout
chaud !

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Sur
la plage, les mômes du village se retrouvent tous les soirs pour d'interminables
parties de cricket, jusqu'à ce qu'obscurité s'en suive. Même si les
traditionnelles quilles en bois sont escamotées au profit de deux cagettes
en plastique et que la batte du frappeur tient miraculeusement au bout
d'un manche chattertonisé comme un Ramsès, on ne comprend toujours rien
aux règles de ce sport (nous, on l'appellerait plutôt un jeu, mais bon
!) exporté par nos amis anglais qui, c'est de notoriété européenne,
adorent simplifier les choses ! En tout cas, vu l'attitude exaltée du
joueur au second plan et l'air mi-désolé, mi-amusé de notre ami batteur,
il semble y avoir du nouveau au tableau de marque !

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En Inde, tout comme dans les autres pays du tiers monde, les enfants
sont responsabilisés dès leur plus jeune âge. Ainsi, il est fréquent
de voir des mômes de 5-6 ans s'occuper de leurs petits frères et sœurs
tandis que les parents travaillent. Ici, pas de Barbie pour les petites
filles : les vrais bébés remplacent les poupées !

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Héritage de plus de 400 ans de colonisation portugaise (entre début
1500 et 1961), de nombreuses édifications au parfum européen, à l'instar
de cette vieille église catholique moussue tapie au fond des palmiers.
Il faut dire que très rapidement, les portugais firent des ports de
Goa les plus riches du monde puisque c'est par eux que transitaient
pierres précieuses, épices d'Asie et soieries de Chine. A la différence
de la colonisation Anglaise dans le reste de l'Inde, les Portugais décidèrent
de s'intégrer dans la population locale en favorisant les mariages métissés
entre colons et autochtones, afin de pérenniser une stabilité sociale.
La religion catholique a ainsi pu mieux s'insérer et perdurer.

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Locaux délabrés, moyens rudimentaires, matériel pédagogique réduit à
sa plus simple expression…(crayon-papier) mais accueil souriant et enthousiaste
du corps enseignant haut en couleurs. Bienvenue à l'école publique d'Harambol
!

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Uniformes impeccables égayés par des regards malicieux , nous voici
face à un " parterre " de plus d'une centaine de jeunes écoliers interloqués
par notre présence.

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Le coin des garçons est, comme de coutume universelle, beaucoup plus
bruyant et chahuteur. A l'image des mœurs du pays tout entier, la mixité
à l'école n'est pas pour demain et pour l'instant, joueurs de cricket
en culottes courtes et bandes de copines aux tresses enrubannées et
jupes virevoltantes ne font pas bon ménage au quotidien. Il faut également
préciser qu'en Inde, les mariages sont, à de très rares exceptions,
entièrement arrangés par les familles de caste équivalente, et ce dès
le plus jeune âge (entre 10 et 15 ans). Une fois fixée la dot ruineuse
consentie par les parents de la mariée (un fardeau prompt à favoriser
l'infanticide féminin !), cette dernière n'aura pas d'autre droit de
regard masculin que celui imposé. Tous les déchirements sentimentaux
qui émanent de ce diktat familial font ensuite le bonheur des producteurs
de cinéma de Bollywood, en leur fournissant des scénarios cousus de
fil rose, certains de faire mouche dans les cœurs meurtris de nos jeunes
amis.

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Tableaux noirs, vieux pupitres de bois, culottes courtes et nattes soigneusement
ouvragées…pénétrer dans une salle de classe équivaut à embarquer dans
une machine à remonter le temps !

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QUELQUES
PORTRAITS TOUT EN QUENOTTES !!!

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Pour une fois, nous
n'étions pas les seules curiosités de passage à l'école puisque nous
avons emboîté le pas d'un autre groupe français porteur d'un projet
éducatif : la joyeuse et dynamique équipe de " OUAT ". Derrière ce nom
de code volontairement interrogateur se cachent cinq joyeux lurons (Fahdi,
Jérémie, Sandrine, Max et Myline :oui, oui, avec un i !), réunis autour
d'une passion commune pour le contact avec les enfants, l'art du spectacle
et leur envie partagée de favoriser le dialogue entre les enfants du
monde. Leur trait d'union à eux revêt la forme d'un conte merveilleux
qu'ils viennent présenter aux élèves indiens avec tous leurs talents
de comédiens. Tout commence comme de coutume par un vibrant " Once Upon
A Time " (Il était une fois:d'où le nom du projet !), puis à la suite
d'une jeune fille parcourant le monde, l'irrésistible équipe emmène
les enfants dans les méandres de ce conte universel en leur confiant
finalement une mission : celle d'imaginer à leur manière la fin de l'histoire,
aidés dans cette démarche par leurs professeurs. Comme nous l'a confié
Fahdi, " le but avoué est de recueillir plusieurs variantes de ce conte
afin d'en confronter les différences, qui témoigneront des contextes
culturels locaux, mais surtout de mettre en place des liens pérennes
entre tous les participants pour qu'un véritable échange voie le jour.
" Et c'est bien là une riche idée que de réunir tous ces enfants autour
d'une universalité aux trésors inépuisables : le monde du rêve et de
l'imaginaire ! Après l'Inde, nos valeureux conteurs du monde espèrent
bien sillonner d'autres continents et tout prochainement la Scandinavie,
dès que leurs études leur permettront un peu de répit. En plus du conte,
OUAT débarque également dans les classes avec plusieurs ateliers éducatifs
qu'ils proposent aux élèves en petit groupes : dessins, confection d'une
fusée à propulsion par air, initiation à des jeux, danses et chansons
enfantines françaises, tout en prenant le soin d'enregistrer et filmer
toutes leurs découvertes d'activités locales (chants, danses et jeux
indiens présentés par leurs hôtes), qui viendront enrichir les prochaines
visites sous d'autres latitudes.

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OUAT en pleine action lors de leur interprétation
du conte devant une assemblée médusée par tant de prouesses gymniques
et artistiques !!!

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De toutes les matières, c'est la OUAT
qu'ils préfèrent !
Costumes rigolos, jonglerie, crachage de
feu, acrobaties et musique " live " sont les cinq piliers du spectacle
qui permettent à Fahdi (ici en plein exercice périlleux de diabolo)
et à ses comparses d'hypnotiser réellement un auditoire conquis. Un
des autres témoignages de l'engagement de OUAT, c'est l'autosubvention
du projet sur les deniers personnels des participants, ainsi que sa
réalisation durant les maigres vacances étudiantes dont ils disposent.
Aujourd'hui, devant l'élan d'enthousiasme soulevé par ces débuts prometteurs
et dans l'optique des futures destinations, nos amis recherchent activement
tous les partenaires publics ou privés susceptible de leur apporter
une aide, dans les domaines financiers, logistiques ou pédagogiques.
Pour les contacter : fahdidkhimi@hotmail.com

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Une petite ombrelle/parapluie, assurément
l'arme climatique idéale en période de mousson pour ce petit écolier.
Alternant en une bourrasque de vent entre soleil le plus franc et pluie
apocalyptique, le ciel de Goa en cette fin Août a de quoi laisser perplexe
plus d'un batracien juché sur son échelle !

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Gitane portant l'habit traditionnel de l'état du Karnataka,
au sud-est de Goa.
Kasiva (c'est son nom) renferme dans son
gros baluchon une véritable caverne d'Ali Baba ambulante : des étoffes
de tissus, des bracelets en tous genres, des malas (chapelets tibétains),
boucles d'oreilles ou de nez dorées et autres bagues de pied … Dans
sa parure colorée, notre VRP de charme arpente les plages avec un sens
des affaires plus aigu qu'un sifflement de marmotte, c'est vous dire
! Et si par mégarde vous commencer à l'écouter, vous serez alors soudain
pris d'un profond sentiment de compassion pour ses 6 enfants qu'elle
est seule à élever ( sans parler des petits enfants !). Pour la photo,
on a du négocier sec et avec un tchaï ( thé au lait) en contrepartie,
on s'en est plutôt bien sortis.

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Les noix de coco, c'est un peu comme les
étoiles dans le ciel ; quand on lève la tête on en voit plein mais elles
tombent rarement toutes seules sur la terre ! Afin de se délecter de
ce succulent fruit tropical, il faut donc compter sur un grimpeur intrépide
qui, se hissant à la force des bras et des pieds à la cime des cocotiers,
décrochera les lourdes noix, à défaut de décrocher la lune ( qui ne
semble pourtant déjà plus si loin vue d'en bas!). Pour faciliter l'ascension,
de minces entailles ont été pratiquées à intervalles réguliers sur le
tronc, transformant ainsi les sveltes cocotiers en de véritable échelles
naturelles. Le sommet quasiment atteint, notre téméraire " homme-singe
" utilisera un morceau de corde entre ses deux pieds afin de les maintenir
collés contre le tronc devenu plus étroit. Quand on pense qu'après tous
ces efforts il faudra encore lutter durement contre l'enveloppe qui
l'enrobe, on se dit que vraiment la noix de coco n'est pas un fruit
facile, mais c'est tellement bon et nourrissant que le jeûne n'en vaudrait
pas la chandelle !

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" Easy Riders " en pleine extase !
Rien de tel qu'un bon vieux scooter aux
pneus lisses et freins hasardeux pour se lancer à l'assaut des chemins
détrempés de Goa !!! La conduite sur routes Indiennes vous initie très
rapidement à des réflexes de survie, inspirés par cette véritable loi
de la jungle à moteurs. -Règle N°1 : Le bus arrivant en sens inverse
à 100KM /heure toujours raison a! -Règle N°2 : Ton klaxon intempestivement
et continuellement pour des raisons de survie tu actionneras. -Règle
N°3 : En cas de doute quelconque (priorité douteuse, vache sacrée te
chargeant!) dans le fossé tu te jetteras. Une fois ces bons réflexes
pris, l'aventure à deux roues s'avère délicieuse et vous pouvez vous
frayer à la force du poignet un vrombissant passage entre les rangées
de palmiers exubérants.

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Méfiance toutefois à ne pas se faire dérober
sa monture par un petit chat...pardeur, pardi!

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Mais que fait donc cet homme en short
dans une rizière avec un gros caillou sur la tête?
a) Il joue au bowling " à l'indienne ".
b) Le ciel vient de lui tomber sur la tête, par
Toutatis!
c) Il empêche son turban de s'envoler avec le vent violent.
Réponse d : il transporte des blocs
de pierres d'une petite carrière afin de les amener sur son terrain
pour y construire une maison, tout simplement !

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Dans certains domaines, comme par exemple
celui du dur labeur, l'égalité des sexes est malheureusement respectée
! Parmi la somme de détails qui font le charme de l'Inde, observons
combien cette femme d'origine très modeste et laborieuse soigne son
apparence : sari chatoyant et bijoux aux poignets, oreilles, cou...un
des mystères qui ferait prendre n'importe quelle paysanne évoluant toute
la journée au milieu des cochons et de la poussière pour un mannequin
défilant sur un podium parisien de mode printemps-été ! La grâce ne
s'achète pas et comme dirait l'autre : " Tout passe, tout casse, tout
lasse, sauf la classe ! "

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SUNSET BOULEVARD A L'INDIENNE
Dur, dur de faire des mauvais rêves avec de telles
images à la fin du jour !

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Passée la joyeuse bronzette sous la pluie
d'Harambol, nous partons à la découverte de l'un des lieux les plus
mystiques de l'Inde, situé dans l'état du Karnataka : Hampi. Cité de
la dynastie des Vijayanagar, elle rivalisa d'influence au 14ème siècle
avec l'aura de Bénarès et vit se construire sur plus d'une trentaine
de kilomètres carrés un nombre incalculable de temples et monuments
plus incroyables les uns que les autres. Ajoutez comme cadre naturel
la splendeur d'un dédale d'immenses rochés jeté ça et là par des dieux
en colère, dans lequel Parvati se serait retirée en ascète pour séduire
Shiva, agrémentez de milliers de singes espiègles et voleurs, de rivières
aux méandres lascifs, de quelques marchands du temple sans scrupules...vous
voilà bluffé par ce cocktail détonnant !

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Rien ne vaut une bonne escalade pour découvrir
la majesté des lieux. Une sensation d'archéologue découvrant d'anciennes
cités perdues nous envahit alors. A nos pieds, un immense temple dresse
ses ruines pharaoniques et l'on devine sur la gauche la spectaculaire
allée qui a dû voir passer des processions de milliers de pèlerins en
mal de rachat de conscience. A droite du mur d'enceinte, de touffues
plantations de bananiers et de cocotiers forment un rideau dense et
compact qui contrastent avec l'aridité des collines de rochers avoisinantes.
Et puis en 1565, ce fut la lutte finale, instiguée par les musulmans
du nord vexés de tant d'opulence qui vinrent mettre à sac, à feu et
à sang le site d'Hampi, aidés dans leur croisade par cinq sultans alliés
pour défaire les 100 000 défenseurs de la cité ! Depuis la redécouverte
presque par hasard de tous ces vestiges oubliés sous la cendre et la
végétation tropicale, Hampi a été inscrit en 1987 au patrimoine mondial
de l'Unesco. Gageons que ce label autorisera une préservation authentique
des lieux et pas, comme cela semble être la tendance, l'occasion d'installer
des caisses enregistreuses à dollars à l'entrée des sites pour ponctionner
le visiteur peu fortuné en transit !

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" Quand on arrive en ville... "
Sur les trottoirs d'Hampi, les buffles
remplacent les zonards. Participant à l'amusante sensation de décalage
temporel permanent, des animaux semblant sortis de la préhistoire déambulent
nonchalamment dans le quotidien Indien et vous rappellent à votre condition
de voyageur expatrié en pays exotique. Et c'est tellement plus écolo
que de voir passer une grosse cylindrée allemande pour un effet tout
aussi ...boeuf, à défaut d'être beauf !

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Non moins présente dans la joyeuse ménagerie
citadine, une importante colonie de macaques acrobates qui font des
temples et maisons particulières le chapiteau granité et permanent de
leurs élucubrations gymniques de haut vol, puisque poussant parfois
le numéro jusqu'à foncer tous crocs dehors sur de paisibles badauds
afin leur dérober une banane sous la menace ! On les voit aussi faire
étal de leurs moeurs amoureux libertins avec pignon sur rue, confortement
installés sur les édifices religieux (ô blasphème suprême !) qu'ils
" squattent " sans vergogne ! Et les commerçants n'ont qu'à bien surveiller
leurs charrettes, particulièrement celles achalandées de noix de coco
et de fruits frais car il ne se passe pas une heure sans course-poursuite
entre les bondissants mammifères et un balai à poils durs brandi vigoureusement
! Infidèle, voleur, profiteu...le singe est décidément bien le proche
cousin de l'homme !

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A l'extérieur des temples se massent les
riches étals des marchands. Lourdes possède son " prayer stock exchange
"(marché financier dédié à la prière) officieux, dans lequel est fixé
le cours moyen de la vierge-bidon en plastique avec couronne-bouchon
dévissable, eh bien Hampi propose également un exutoire pécuniaire et
matérialiste à la ferveur populaire hindoue! Chapelets de prière, fruits
et épices demandés par les prêtres pour la bénédiction, sans oublier
les poudres colorées du premier plan qui deviendront de superbes " pujas
" (prononcez "pouja "), ces ronds dessinés par le doigt de l'homme de
prière sur le front des fidèles et qui sont la matérialisation de leur
foi et de leur offrande aux dieux. Il est parfois agaçant de se faire
administrer presque par la force une puja dans un temple, car cette
opération a souvent pour unique but de la part de leurs auteurs de vous
demander ensuite une rétribution financière, si possible en dollars...de
quoi discréditer sérieusement la mystique du lieu et dissuader certains
occidentaux en quête d'hindouisme authentique à poursuivre leur quête.
Jésus le hurlait déjà à pleins poumons il y a deux mille ans: " Dehors,
les marchands du temple ! "

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Une jeune indienne belle et radieuse,
comme un ange déguisé en fillette de la rue. Assina ne va pas à l'école
mais parle toutefois l'anglais qu'elle a appris au contact des touristes
et remuerait ciel et terre pour qu'on daigne lui offrir un stylo ! Une
graine d'autodidacte pleine de verve et de tact qui sait déjà ensorceler
les voyageurs du monde entier de son sourire ravageur. Puisse notre
petite cendrillon quitter un beau jour ses haillons et trouver un prince
charmant à la mesure de son coeur pur d'enfant .

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Le thé chaud et sucré qu'on aura partagé
avec cette frimousse pétillante de vie restera un moment fort de notre
étape indienne.

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L'Inde pourrait être le paradis des vaches
si seulement l'herbe grasse y poussait à foison ! Symbole de fécondité,
la vache est un animal sacré qui tient une place privilégiée dans la
religion hindoue : c'est elle en effet qui permet au défunt de traverser,
en s'accrochant à sa queue, le fleuve Vaitarani qui le sépare du paradis.
Mais le respect de la vache évoque également une valeur indienne forte
: " l'Ahimsa ", ou refus de tuer volontairement, et qui plus est cette
" mère universelle ", porteuse des valeurs de fécondité. Car ce que
la religion hindoue n'a pas oublié, c'est que seul le lait de vache
peut être substitué au lait maternel pour les nourrissons. CQFD ! Toutefois
vache sacrée ne rime pas avec vie dorée pour autant car en ces temps
de vache maigre, elles ont été contraintes d'élargir leur alimentation
végétarienne aux cartons et autres sacs plastique qui " poussent " malheureusement
beaucoup plus vite que l'herbe folle ! Pour survivre, rien n'effraye
en effet nos ruminants affamés qui finissent par payer le prix d'une
nourriture si éclectique, provoquant ainsi des intoxications alimentaires
et autres graves troubles digestifs dans les troupeaux...Et les exercices
d'aérobic tentés par notre modèle du jour n'y pourront rien changer
!

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Dans les rues, les bovidés indiens affichent
la force tranquille des animaux certains de ne pas finir demain rôtis
sur un barbecue familial. Ca doit vous rendre la vie nettement plus
agréable, mine de rien !

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Pour traverser les rivières d'Hampi, une
seule solution des plus pittoresques s'impose : emprunter les rigolotes
barquettes rondes des passeurs, sur fond de ciel de mousson. Construites
en roseaux tressés avec une coque rendue étanche grâce à une couche
de goudron, elles peuvent chacune embarquer au moins cinq ou six occupants
parfois accompagnés de leurs fidèles mobylettes. (sur ce point de détail,
Archimède et sa fameuse poussée nous a quand même rassurés, ouf !).
Un sacré sacerdoce en tout cas pour ces marins-pagayeurs d'eau douce
qui se la coulent ...douce dans le sens du courant et salée (de sueur)
dans le sens inverse !
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A l'issue d'une petite grimpette dans les
cailloux nous donnant l'occasion d'observer de ravissants serpents,
nous voici parvenus à " l'Hanuman Temple ", le temple dédié au dieu
à tête de singe....et donc forcément entouré de centaines d'immenses
singes, arborant une queue démesurée ainsi qu'un collier de barbe fournie
(un peu comme celle de Robert Hue!). Un film célèbre, sobrement intitulé
" Hanuman ", a d'ailleurs été inspiré par la mystique du lieu et tourné
ici même. Beaucoup plus sauvage et craintive, l'espèce se caractérise
cependant par sa surprenante promptitude à fondre sur votre appareil-photo...vous
n'aurez donc pas de cliché de cette dernière, on a déjà donné auprès
d'une autre espèce sud-américaine! Le bulbe au rose défraîchi se dresse
tout au faîte d'un immense plateau surplombant les rizières et les bananeraies
soigneusement irriguées, associant au plaisir de la méditation montagnarde
celui du dépaysement visuel . Le spectacle en contrebas est en effet
loin de ressembler à un pierrier haut-savoyard bordé de sapins !

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Un petit aperçu du fameux panorama,
entre rizières et cocotiers.

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On a retrouvé le petit chaperon rouge
et vert avec sa maman dans un bus indien...le grand méchant loup quant
à lui court toujours derrière le bus !

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Progressant sans cesse plus au sud, nous
voici déjà presque en face de Ceylan, dans l'état du Kerala, célèbre
pour ses canaux interminables, les " Backwaters ". L' écharpe de mousson
nous a cette fois définitivement quittés pour un baroud d'honneur au-dessus
des contreforts himalayiens. Désormais, rien ne s'oppose à la radiante
apothéose crépusculaire nous offrant, qui plus est, un découpage en
ombres chinoises des carrelets…chinois de Cochin. Héritage d'une tradition
d'échanges commerciaux millénaires entre les deux pays voisins, les
" chinese nets " sont encore utilisés de nos jours quotidiennement par
les pêcheurs qui, inlassablement, plongent puis relèvent la lourde armature
des filets géants au fond des eaux troubles de pollution.

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Petite ballade à bicyclette dans les ruelles
sinueuses de la petite bourgade de Fort Cochin pour Natty et Machu,
deux bons amis rencontrés sur les routes de l'Inde. D'origine espagnole,
Natty travaille comme bénévole avec diverses associations humanitaires
tandis que Machu, l'indien, vit en toute simplicité de sa passion pour
la peinture. Mais à quoi bon vous en dire plus ...leur sourire en exprime
déjà tant sur leur gentille nature !

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Stoppé net dans sa découverte du Kerala
par un méchant virus qui l'obligea à remettre son bonnet en laine de
Bolivie sous 36 degrés, JB se rendit chez un médecin traditionnel indien
soignant à base de décoctions de plantes, fruits et racines (méthode
dite ayurvédique). Après un bref examen de tension (prise de pouls au
niveau du poignet pendant 10 secondes), le praticien s'engouffre dans
son arrière-boutique tapissée de fioles étranges, certaines dissimulées
sous une bonne couche de poussière ornée de toiles d'araignées. Dix
minutes plus tard, retour victorieux du sauveur providentiel avec dans
la main un flacon spécialement concocté pour l'occasion. Posologie :
cinq millilitres toutes les deux heures...et autant d'occasions pour
vomir la mixture infâme! La secrétaire impassible, du haut de ses 70
ans supposés, nous toise d'un oeil circonspect : JB a-t-il suffisamment
la foi pour être digne du précieux mélange ou risque-t-il la crise...de
foie ?

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En voilà au moins qui gardent la santé
en dépit de leur labeur herculéen ! Les pêcheurs d'un carrelet chinois
remontent la lourde ossature de bois en s'encourageant par des chants
traditionnels. Au bout de la souffrance et des cordes de chanvre rafistolées
soutenant les lourds contrepoids se trouve peut-être la pêche miraculeuse,
celle qui permettra aux hommes d'améliorer l'ordinaire de leurs familles
pour quelques jours et aussi de boire ensemble une bonne bière de coco
en fumant de vraies cigarettes blondes. " Les grosses prises se font
rares et le métier de pêcheur est de plus en plus déprimant " nous confient
les forçats de la mer qui exercent, cela va de soi, une activité sans
filet social d'aide et de soutien. Le vrai problème vient peut-être
de ces immenses superpétroliers rouillés qu'on voit dégazer en face
des berges du chenal en plein jour et qui transforment la mer en une
surface visqueuse et étrangement scintillante. Heureusement, il subsiste
encore quelques colonies de joyeux dauphins joueurs pour égayer ce sombre
tableau aquatique !

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Les pêcheurs noctambules trient le poisson
fraîchement pêché à l'aide d'une petite lampe à pétrole. Crevettes,
maquereaux et même parfois requins seront dès demain matin vendus à
la criée tandis que les poissons jugés trop jeunes ou trop petits seront
remis à l'eau. Un geste malheureusement pas toujours systématique, qui
associé aux facteurs d'explosion démographique (il faut bien manger
quelque chose!), de pollution et de mécanisation des techniques de capture,
entraîne une diminution continue des volumes de pêche. Inlassablement,
ces hommes travaillent de jour comme de nuit pour extraire " l'or à
écailles " du ventre de la mer.

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Une photo pleine de symbolisme pour refermer
le chapitre indien de notre tour du monde à son crépuscule. A l'heure
où nous partons, la plus grande démocratie du monde se trouve en effet
dans une effrayante incertitude. Outre l'arrivée au pouvoir en 1998
du parti nationaliste Hindou du BJP avec son cortège de mesures anti-laïques
et intégristes menaçant l'unité nationale, la situation géopolitique
régionale relève quant à elle de la poudrière sur lit d'allumettes !
Escalade de la violence au kashmire avec le voisin Pakistanais et sa
force de frappe nucléaire, montée du fanatisme islamiste attisé par
les évènements du 11 Septembre qui ont sonné la révolte de populations
limitrophes n'ayant plus rien à perdre... Les ferments d'un troisième
conflit mondial sont bel et bien présents dans cette zone du monde également
en proie à un danger d'implosion démographique, sous la force d'une
jeunesse laissée pour compte, encadrée par des administrations ultra-corrompues
et récupérée par l'intégrisme religieux. Gageons que les Etats-Unis,
dans leur délicat jeu diplomatique d'alliance avec le Pakistan, sauront
ménager la susceptibilité d'un voisin à la fierté colérique et que le
beau coucher de soleil de Cochin, associé à la volonté du plus grand
nombre de cultiver les légendaires traditions locales d'accueil et de
respect mutuel, permettront encore longtemps aux deux fragiles silhouettes
de notre photo de contempler sereinement la mer...